MONSIEUR VINCENT
plus tard Sublet de Noyers, grand ami des derniers instants, l'abbé de Coursan, le Père Carré, les ecclésiastiques dévoués qui lui furent d'un si grand appui dans la campagne pour la réforme des couvents, Harlay de Sancy, secrétaire de la grande œuvre des Mémoires^ ancien ambassadeur auprès des Turcs, expert en matière de missions et de « protectorat catholique »; c'était enfin la nièce du cardinal, cette duchesse d'Aiguillon dont la vie généreuse apparaît comme tellement au-dessus de l'injure dont on prétendit la salir (1). Comment oublier, sur cette liste, le nom du saint le plus saint et le plus français de tous les saints, « Monsieur Vincent »? Membre du conseil de conscience pendant de longues années, M. Vincent ne frappe jamais à la porte et à la bourse du cardinal sans être entendu, secouru. Lié avec Saint-Cyran, il reconnaît en celui-ci « un des plus hommes de bien qu'il ait jamais vus », et il est assez courageux pour se prononcer contre l'ami, dans les thèses duquel il sent le péché d'orgueil et le goût de l'hérésie. Sa première fondation, l'œuvre des Missions, mère de tant d'autres, est combattue par les curés de Paris, tenue en suspens à Rome, mais finalement consacrée, le 12 janvier 1633, par la bulle Salvatoris nostri du pape Urbain VIII. Et cela conformément aux recommandations de Richelieu à l'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. Le 21 mai 1648, quelque six ans après la mort du cardinal, une mission va partir évangéliser cette Francia orientalis, Madagascar, conquise une première fois par le ministre défunt. M. Vincent désigne Charles Nacquart, jeune missionnaire qui appartenait à la maison de son ancien maître (2). C'est à M. Vincent enfin que le cardinal, par son testament daté du 23 mai 1642, a laissé « pour ses œuvres utiles au public », tout l'argent que l'on trouverait à sa mort, après en avoir déduit le montant des autres legs, notamment de celui qu'il faisait au Roi (3).
fit à la réunion des esprits séparés. » On appréciera ce conseil quelque peu hautain, mais toujours modéré, qui ne pousse en rien à la violence.
(1) Voir le livre de Bonneau-Avenant. Et le passage si précis sur elle écrit par Laurent Bouchet et publié par Griselle. Documents, juillet 1912, page 319.
(2) Voir Marthe de Fels, Monsieur Vincent, édition Gallimard, page 81. Et tout e chapitre du Vincent de Paul de l'abbé Maynard, tome II, page 210.
(3) M"« d'Aiguillon eut, avec M. de Noyers, la charge de ce legs et mérita l'éloge du biographe du saint. : « Femme admirable, entre toutes ces femmes généreuses qui