‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 167 sur 367 · DES RÉFORMES MODÉRÉES, STABLES ET PERMANENTES · texte numérisé non relu

DES RÉFORMES MODÉRÉES, STABLES ET PERMANENTES

en même temps, le concours des bonnes volontés : « Le désir que j'ai de purger toutes mes abbayes des désordres et licences qui s'y sont glissés par le temps, m'en a fait rechercher les moyens les plus convenables, et n'en ayant point jugé de plus doux et utiles, pour la décharge de ma conscience et le salut des religieux qui sont sous ma charge, que d'y établir des Pères religieux réformés qui, par leur exemple, porteront les anciens à suivre les bonnes mœurs et l'observation de leur règle, qui a été par eux négligée, cela m'a donné sujet, pour commencer une si bonne œuvre, de faire défense en tous les monastères qui dépendent de moi, de faire donner l'habit, ni recevoir des novices à faire leur profession, si non en la forme que la font ceux de ladite réforme. » Richelieu entendait qu'il fût dressé un acte qui contint tout ce qui se passerait au chapitre réuni pour ouïr la lecture de ses lettres. Il connaîtrait particulièrement l'avis de chacun des religieux qui y assisteraient. Chacun signerait le sien, qui serait envoyé à Son Éminence. Chacun pourrait ainsi contribuer à l'œuvre commune. « Ceux qui se portaient au bien que le cardinal leur voulait procurer » seraient remis « dans l'ordre et la voie que doivent tenir les vrais religieux ».

Il y avait bien, dans ce document, quelque pression; mais le but relevé est incontestable et les formes mêmes sont respectées. Le cardinal agit, comme toujours, en prenant pour guide la nécessité et la raison; il suffit de lire, dans son Testament politique, le chapitre De la Réformation des monastères : « J'ai toujours pensé, ainsi que je l'estime encore à présent, qu'il vaudroit mieux établir des réformes modérées, dans l'observation desquelles les corps et les esprits pussent subsister aucunement à leur aise, que d'en entreprendre de si austères que les plus forts esprits et les corps les plus robustes aient de la peine à en supporter les rigueurs Les choses tempérées sont d'ordinaire stables et permanentes (n'est-ce pas tout son génie?), mais il faut une grâce extraordinaire pour faire subsister ce qui semble forcer la nature (1). »

Grâce aux ressources dont il peut disposer, le cardinal fait partout

(1) Testament politique. II^ partie, section viii.

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