‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 18 sur 367 · LES EXPLICATIONS DU NONCE · texte numérisé non relu

LES EXPLICATIONS DU NONCE

ceux dont on lui citait l'exemple : il allégua qu'il était obligé de s'en tenir à l'usage de « ses derniers prédécesseurs, qui ne donnoient la main qu'aux seuls princes du sang ». Et comme il se plaignait que l'on ne prêtât nulle attention à son secrétaire, quand celui-ci allait chez M. de Chavigny demander des passeports, il reçut de M. de Ramefort le conseil de porter ses plaintes à M. de Chavigny lui-même. S'il consentait à se trouver à quatre heures de l'après-midi, au couvent des Cordeliers, à quelques pas de son hôtel (1), il pourrait s'y rencontrer avec le secrétaire d'État.

Le nonce fut exact au rendez-vous. Chavigny, arrivé après lui, s'excusa de ne lui avoir pas rendu sa visite plus tôt : les voyages de la Cour l'avaient empêché de remplir ce devoir. Puis il rappela que le Saint-Siège n'avait guère à se louer des Espagnols, qui l'avaient menacé d'un concile national et l'avaient accablé des plus irrévérencieuses protestations; la France au contraire s'était toujours montrée pleine de respect pour le Pape, qui ne cessait de la maltraiter, témoin la messe et le service refusés au cardinal de La Valette, l'affaire de La Trinité du Mont et l'assassinat de M. de Rouvrai.

Ce discours n'embarrassa point Scoti : les outrages des Espagnols, il était vrai que le Saint-Père les avait reçus, mais uniquement pour avoir observé à l'égard de la France une stricte neutralité; si le service avait été refusé au cardinal, c'était parce que le Sacré- Collège n'avait coutume d'en faire célébrer que pour les cardinaux qui mouraient à Rome; quant à l'assassinat de M. de Rouvrai, il ne pouvait être imputé au cardinal Barberini que par d'infâmes calomniateurs; le nonce avait l'honneur de connaître fort bien ce prince de l'Église, qui était « un ange de pureté et un modèle d'intégrité et d'innocence ». Pourquoi M. le Cardinal de Richelieu s'en tenait-il à la version de M. le Maréchal d'Estrées et ne voulaitil pas admettre les justifications orales et écrites du Père Valerio, visiteur des Carmes déchaussés? Le nonce trouvait l'affaire des esclaves turcs fort simple. Il en avait averti le cardinal de Richelieu. Une congrégation de cardinaux s'en occupait, l'ambassadeur du

(1) Ce couvent était situé rue des Cordeliers, aujourd'hui rue de l'École de Médecine; 11 n'en reste plus que le réfectoire, qui est devenu le musée de cette École.

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