LES GRIEFS DU ROI
Roi pouvait lui exposer lui-même son point de vue. Pourquoi le Saint-Siège n'aurait-il pas supprimé un droit d'asile qu'il avait accordé? Le Pape n'avait-il pas, dans ses États, les prérogatives d'un souverain? Était-il possible qu'il laissât Rome devenir le champ clos des sanglantes disputes des Français et des Espagnols,
L'autorité du Pape, Chavigny ne la discuta point, il se contenta de demander pourquoi la France seule avait à en souiïrir, il ajouta que l'argument invoqué par le nonce pouvait justifier tous les abus de pouvoir des souverains absolus.
Scoti alors à son tour attaqua. Il parla de certain concile national au moyen duquel quatre ou cinq évêques de France songeaient à « chagriner » le Pape : heureusement, il savait bien que la plus grande partie de l'épiscopat français se rangeait du côté de Sa Sainteté.
Chavigny répondit que l'on pourrait soupçonner que le nonce n'était si bien informé des dispositions des évêques du Royaume que parce qu'il voulait exciter du trouble dans l'État; il nia, d'ailleurs, que la proposition d'un concile national eût été faite. Enfin? pour ne pas s'éterniser en contestations, il en vint à l'objet de son entrevue: il était chargé de remettre au nonce un écrit de la part du Roi. Le diplomate pontifical répondit qu'il ne pouvait le recevoir, le Roi n'avait-il pas un ambassadeur à Rome, qui le remettrait fort bien. — « Quoi! Monsieur, s'écria le secrétaire d'État, vous ne voulez pas recevoir cet écrit? — Non, Monsieur, je ne le dois pas, et je me repens même d'avoir pris celui qui me fut présenté à Dijon pour m'interdire l'audience du Roi en qualité de nonce ordinaire, après que, quatre jours auparavant, le Roi et M. le Cardinal n'avoient fait aucune difficulté de recevoir les brefs qui me donnoient cette qualité. »
Chavigny savait son écrit par cœur, il commença de le réciter : « Le Roi, étant contraint par l'injurieux procédé avec lequel son ambassadeur est traité à Rome, — si excessif qu'on n'a point craint de violer le droit des gens, — d'en témoigner le ressentiment qu'il en doit avoir, en lui ordonnant de n'aller plus en l'audience de Sa Sainteté et de M. le Cardinal Barberin jusqu'à ce que Sa Majesté ait été satisfaite d'une telle injure et de celle qui a été faite à la