‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 180 sur 367 · LE MARIAGE LORRAIN DE MONSIEUR EST-IL VALABLE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE LORRAIN DE MONSIEUR EST-IL VALABLE

Pour ce qui concerne la validité du mariage, tout était resté en suspens parla volonté du Roi. Des années passèrent. Gaston, à la suite de nouvelles incartades, fit soumettre au Roi par M. de Chaudebonne un autre projet d'arrangement. Parmi ses réclamations, figurait celle-ci, visant le mariage : « Il plaira au Roi d'accorder que, Madame étant en France, il lui donne une pension à l'Épargne pour l'entretènement de sa maison suivant l'état qui en sera fait en présence de telles personnes que le Roi aura agréable de commettre. ))Le Roi écrit, de sa main, en marge du document original : « Quand le mariage sera célébré (donc il ne l'est pas au point de vue du Roi chef de famille) et qu'elle sera venue trouvef mon frère en France, je lui accorderai volontiers (1). »

D'autre part Gaston avait écrit au Pape une lettre, portée à Rome par le contrôleur des finances Passart, demandant la reconnaissance de l'union et le Roi, soulevant en même temps toute la question de Lorraine, s'y était opposé. Or que fait Rome? Obéissant certainement à la pression de Madrid et de Vienne, le Saint-Siège déclare reconnaître la validité du mariage; il invite le duc de

le cardinal de Richelieu pour conclure son accommodement à des conditions bien étranges, puisque Madame y est au hasard de devenir princesse Marguerite (c'est-à-dire d'être répudiée), Puylaurens ayant fait consentir Monsieur à trouver bon que les ecclésiastiques de France soient ceux qui connoissent du mariage pour donner tel jugement que l'on aura désiré d'eux, et puis, en conséquence de ce premier jugement, remettre le tout au Pape. Chacun déplore la condition de cette bonne princesse et blâme quant et quant la lâcheté de Puylaurens. Tous ceux de la maison de Monsieur prétendent leur retour en France, si tôt après Pâques. Puylaurens a apporté de grands soins à faire parler à tous les intéressés de la maison de Monsieur et autres, comme La Vieuville, d'Aubazine, mais surtout a-t-il fait demander et demande lui-même les griefs et prétentions des seigneurs les plus mutinés et qui hautement avoient publié leur ressentiment contre lui, aux uns promettant grandes pensions, aux autres décharges et emplois, et ainsi tâche de dissiper les terreurs qu'ils avoient conçues de ces mécontentements.

«La Reine n'a pu rassurer l'esprit du cardinal qui, ayant outragé sa maîtresse et bienfaitrice au point que chacun le sait, ne croit mériter qu'un juste châtiment de Dieu. et non attendre le pardon que cette grande et bonne princesse lui accordoit. Le remords de sa conscience lui a fait appréhender le retour de la Reine auprès du Roi. Ce qui a paru par le refus qu'il a fait de donner un passeport au Père SufTran (Suiïrcn) qui, mieux qu'un autre, pouvoit assurer le Roi de la sincérité des intentions de la Reine sa mère, et lui guérir l'esprit des fausses impressions qu'on lui avoit données d'elle. Le traitement qu'elle a reçu dans son dessein d'accomodement lui fait entièrement perdre la volonté d'y plus penser. Écrit le 8 avril 1634. » (Original. Archives de M. C. Hanotaux.)

(1) Archives de M. Hanotaux. La pièce publiée par Avenef; sous la même date, est une leçon différente de celle-ci.

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