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UNE PAIX DURABLE

L'attitude de Richelieu.

Et Richelieu, de son côté, comment prend-il les choses? Cherchet-il à exercer, sur le Saint-Siège, la pression violente, exaspérante, qui est celle des puissances « catholiques »? Nullement, il ne se refuse pas aux négociations, il écoute avec attention les nonces, prête l'oreille à leurs confidences, à leurs exhortations, à leurs pensées. Lui aussi il crie : « La paix! » Mais selon la formule sans cesse répétée par le Roi et lui, il veut une paix durable, qui donne à la France des garanties sérieuses et qui soit acceptable pour ses alliés, qui assure a l'Europe une tranquillité générale et qui, en particulier, consacre l'indépendance des princes italiens et du Saint- Siège lui-même.

En ce qui concerne, notamment, le sort des populations et des princes catholiques d'Allemagne, il ne repousse point les demandes légitimes du Saint-Siège. En novembre 1633, Louis XIII, sur les instances du cardinal Bichi, déclare aux princes protestants qu'il ne peut s'accorder avec eux, si réparation n'est faite des dommages causés aux catholiques. L'acte de ratification du traité de Francfort spécifiera que les confédérés protestants seront obligés d'observer l'article 6 du traité d'Heilbronn. Plus tard, lorsque, la guerre battant son plein, Gustave-Adolphe victorieux envahit l'Allemagne australe et porte atteinte à l'indépendance des principautés catholiques du Rhin, Richelieu prend nettement position pour la protection des princes et des populations catholiques et il fait sentir à Gustave-Adolphe le poids des engagements pris et de la volonté française. On peut se demander même ce qu'il serait advenu de l'alliance au cas où Gustave-Adolphe ne se serait pas conformé à ces légitimes réclamations de la France : la mort a laissé le problème en suspens. En ce qui concerne la défense des frontières et des précautions prises dans les régions frontières, Richelieu est toujours particulièrement vigilant : si vis pacem, para hélium. La grande difficulté qui est au fond du débat, -c'est toujours, pour la France, la menace de l'encerclement.

La négociation à laquelle le Pape consacre tous ses efforts, tourne autour de ces trois expressions géographiques : la Valteline, Pigne-

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