BONNE VOLONTÉ DE LA FRANCE
quence avec laquelle le cardinal a su démontrer que cette ligue procureroit à la Chrétienté et au Saint-Siège les plus grands avantages. Sans faire courir le moindre risque à Sa Sainteté, elle lui rapporteroit beaucoup de gloire et lui permettroit d'obtenir ce qu'il désire tant, la fin de l'alliance de la France avec les princes hérétiques (17 janvier 1635). »
Ainsi la balle est renvoyée à Rome. Le drame de conscience se pose là. Le Pape est-il assez clairvoyant, assez résolu, assez libre pour se dégager de l'influence espagnole, qui seule est contraire à la paix?
Dans ce cas la France le soutiendra avec un groupe puissant du catholicisme européen. Sinon, la France ne peut se séparer de ses alliés protestants. Habileté de Richelieu : en ce qui concerne les alliances, la décision est renvoyée à Rome.
Même si le Pape ne peut en venir à une décision si difficile, un grand pas cependant est fait, pour ne point rendre inutile le grand et si honorable travail diplomatique du Saint-Siège; la France donne des mains à la proposition que le Pape a le plus à cœur, et cela à la veille de la rupture : Richelieu déclare formellement qu'il consent à envoyer des représentants de la France à un congrès qui se réunirait sous la présidence du Pape, pour étudier les conditions de la paix. D'ores et déjà le cardinal est prêt à désigner ses plénipotentiaires. Et la bonne volonté de la France ira plus loin encore : même au cours de la guerre, les négociations engagées par cette haute entremise ne seront pas interrompues; Richelieu, afin d'établir fermement une résolution si encourageante pour le Saint-Père et lui procurer à cette heure critique la certitude que les contacts subsisteront et que les ponts ne seront pas coupés, prend, par une décision unique dans l'histoire, le soin de désigner à cet effet, l'homme que le Saint-Père lui a envoyé, l'homme du Secret, s'il en fut, et le perpétuel concihateur, Mazarin. Mazarin devient l'homme du Roi tout en restant l'homme du Pape. Quelle marque de confiance, quelle garantie! Que peut-on faire de plus?
Et que serait-ce si l'on voyait, — (comme peut-être Richelieu en avait une vague idée dès lors), — que l'homme choisi ainsi pour , l'union des deux pouvoirs par le cardinal, sera son successeur et lé 1