‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 190 sur 367 · LES DEUX BARBICHES · texte numérisé non relu

LES DEUX BARBICHES

futur négociateur de cette paix générale entrevue par les deux pouvoirs, la paix de Westphalie? Dès le 7 octobre 1636, Mazarin se saisit du rôle singulier que la France lui a réservé. Il quitte Paris et va entretenir Rome des vues de Richelieu, qui a dicté ses instructions. Instructions qui nous ont été heureusement conservées et qui sont le grand document du siècle : les deux barbiches en ont délibéré face à face dans le souci de leur haut devoir.

« M. Mazarini allant à Rome, pourra faire office, près de Sa Saintetéj sur les points suivants. Il assurera le Pape et MM. ses neveux de la sincère volonté du Roi, comme aussi de Son Eminence, pour une bonne paix générale... il dira que Sa Majesté a envoyé le cardinal de Lyon (Alphonse de Richelieu, frère du cardinal duc) pour aller à Cologne (siège du Congrès) et prendre le même chemin que M. le Légat afin de s'y rendre plus tôt... que les sieurs de Feuquières et d'Avaux sont prêts de partir... qu'il importe beaucoup pour le bien public que l'on sache promptement le temps auquel l'Empereur et le roi d'Espagne feront trouver tous leurs députés à Cologne »... Le corps de la dépêche est tout entier consacré aux affaires d'Allemagne, notamment au rôle de la Bavière catholique, qui deviendra, comme on le sait, l'axe des futurs « libertés germaniques ». Et Richelieu achève ses instructions par cette déclaration qui donne la note des relations de la cour de France avec le pape Urbain VIII : « Sur toutes choses, M. Mazarini prendra soin d'assurer Sa Sainteté de la sincère affection que Sa Majesté lui porte et à sa maison, et de son désir véritable de lui en donner toutes les preuves possibles, se promettant le même de sa part. M. Mazarini en donnera de semblables impressions à Messieurs les

'neveux de Sa Samteté et leur dira comme il a toujours reconnu que l'intention de Sa Majesté étoit de contribuer à leur grandeur

' et bonheur, qui consiste principalement en leur union et bonne intelligence (1). »

Union et bonne intelligence, tel est également le principe qui préside aux rapports entre le Pape Urbain VIII et le cardinal de

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome V, pages 604 et suiv. — Pour la suite des négociations engagées sous les auspices du Pape, voir le Père Bougeant, /histoire du traité de Westphalie, édition 1751, in-'i°, tome I, page 347.

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