‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 196 sur 367 · PORTRAIT D'URBAIN VIII 2:VA · texte numérisé non relu

PORTRAIT D'URBAIN VIII 2:VA

s'expliquent son affabilité et surtout son savoir-faire en ajoutant son expérience devenue sans égale par sa nonciature dans le royaume de France, le plus grand théâtre du monde, où il a acquis une connaissance merveilleuse des intérêts des grandes puissances et où il a fondé et confirmé la réputation de sa loyauté, l'attrait de sa conversation familière et de son accueil, la promptitude saillie de son esprit ne dédaignant parfois- même pas la plaisanterie ni l'ironie, en un mot tout ce qui est de sa nature et qui distingue le Souverain Pontife.

« C'est ainsi que resplendit, dans le nouveau Pape, la candeur de l'intelligence unie à une foi profonde. Ainsi il fut préparé aux affaires publiques et politiques, parmi lesquelles il suit fermement la ligne de la raison, se vouant tout entier et avec passion à la défense d'une paix vraiment chrétienne qui, ayant été le vœu du cardinal, est maintenant la pensée constante du Souverain Pontife. Dans l'affaire de la Valteline, héritée du pape Grégoire, il pèse avec une entière équanimité les intérêts de la France et ceux de l'Espagne; de même dans l'affaire de Mantoue, qui s'est ouverte par la mort du Duc... »

Pour conclure, en raison de sa naissance, de ses dons, des qualités qui l'ont appelé au Saint-Siège, Urbain VIII apporte un zèle ardent et autorisé au maintien de l'honneur et de la paix de l'Église, il saura par sa perspicacité et par sa parole souveraine trouver, dans les discordes actuelles, les points par où cette paix pourra être sauvegardée.

Dans un autre passage de sa relation, l'ambassadeur signale les sentiments que le Pape avait, en particulier, pour la France : « On ne peut douter, dit-il, que le Pape n'ait une certaine propension de ce côté : c'est en France qu'il a eu, pour la première fois, le sentiment de sa grandeur, et de son mérite, ne serait-ce que par le témoignage déclaré du roi Henri IV. Il aime la manière française, libérale, ingénue, éloignée de tout artifice et de toute duplicité; il a pour ce pays une réelle inclination, pour ce qu'il a reconnu chez son peuple, dans son génie, dans son goût des études, dans sa politesse et sa , connaissance des lettres, dans son sentiment, sa langue, de la poésie. La personne du Roi actuel éveillait en lui dès lors une affection

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