‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 203 sur 367 · DE LA PERFECTION DU CHRÉTIEN · texte numérisé non relu

DE LA PERFECTION DU CHRÉTIEN

nature humaine, Dieu a donné le gouvernement de toutes les facultés de l'âme à la volonté ».

La volonté et l'action, la volonté obéissant à l'amour de Dieu c'est-à-dire à la règle universelle de la création, Vordre, voilà le dernier mot de cette haute conviction.

Mais quelles sont les prescriptions, les limites dans lesquelles doivent être dirigés et maintenus, en quelque sorte, ces actes de la volonté humaine, la plus puissante des facultés de l'âme? Ici encore Richelieu s'explique avec une clarté et une autorité singulières : le ministre des Rois, le défenseur de l'État prend son inspiration auprès de l'évêque, du chrétien : « Il faut que ceux qui veulent faire quelque progrès dans la perfection cherchent Dieu où l'Eglise le montre, et non où leur esprit se l'imagine. Qu'ils marchent par les chemins tracés par nos pères et non par des sentiers particuliers : si ce n'est pour obéir à quelques nouveaux ordres de l'Eglise qu'il est beaucoup plus sûr de recevoir que de les rechercher sans grand discernement, autrement qu'ils restent assurés que Dieu leur dira un jour : Je ne vous connois point... au lieu de cous assurer sur r infaillibilité de mon Esprit que j^ai promis à mon Eglise, cous avez suivi Verreur du vôtre... Vous m''avez quitté., moi qui suis la fontaine d'eau vive. Je ne vous connois point. « Peut-il se rencontrer, dans la littérature théologique du temps et dans les plus profondes intuitions de l'esprit, quelque chose de plus clair, de plus précisj? S'en tenir à la règle enseignée de toute antiquité par l'Église romaine ; le mot même à^ infaillibilité est prononcé. Voilà qui répond à toutes les insinuations perfides, à ces accusations de schisme et de patriarcat qu'une polémique de bas étage et trop écoutée brandissait contre cet honnête homme, ce cardinal, ministre du Roi Très Chrétien.

La correspondance d'Urbain VIII et de Richelieu.

Maintenant passons aux actes. Les relations entre la France et le Saint-Siège à l'époque de Richelieu ont été étudiées, avec une science et une impartialité incontestables, ,par M. Léman dans deux études qui ont obtenu un légitime succès; mais le plus autorisé des témoignages n'est-il pas celui que nous apporte la correspon-

RIClIFLinii. - T. M. ll>

Page 1