CONFIANCE D'URBAIN VIII EN RICHELIEU
dance d'Urbain VIII adressée au cardinal? Ces lettres sont en grande partie conservées dans les archives du ministère des Affaires Étrangères; mais, par la volonté expresse de Sa Sainteté le Pape Pie XI et par la bienveillante intervention de Son Éminence le Cardinal Pacelli, Sa Sainteté le Pape Pie XI 1, aujourd'hui glorieusement régnant, celles qui manquaient ont été reproduites et nous ont été transmises par la photographie en vue de la présente étude.
Les lettres d'Urbain VIII ont toujours été formulées, bien entendu, selon le style de la Cour de Rome; mais en dépit de ce que ce style peut avoir de conventionnel, on ne peut nier que celles qui sont adressées à Richeheu ont toujours, dans leur accent, quelque chose de personnel; on les sent dictées par la haute considération et la confiance suprême d'un Pontife qui ne s'inspire que du sort de l'Eglise et de la Chrétienté. Le Pape connaît à fond les affaires de France, il connaît personnellement le Roi et son ministre. Dès la première lettre, qu'il envoie en réponse aux compliments que le cardinal lui a fait parvenir lors de son élévation au trône pontifical, ces dispositions se manifestent. 11 est à remarquer que cette première lettre est du mois de décembre 1623. Le cardinal, à cette date, n'est pas encore élevé, pour la seconde fois, aux fonctions de ministre du Roi. Retenu en France sans doute par la crise qui va le porter au pouvoir, il n'est pas venu à Rome pour prendre part au conclave.
Dans sa lettre, le Saint-Père se montre « moins réjoui, par les acclamations des fidèles, qu'il n'est atterré par le sentiment de sa propre faiblesse en regard des calamités qui affligent le monde chrétien ». Il mettra son honneur, non pas à amasser des trésors, mais à défendre la religion : les princes de l'Église peuvent l'y aider puissamment et il a confiance surtout en Richelieu, qui joint le renom des lettres à l'éclat de la pourpre et qui, déjà en plus d'une occasion, a triomphé de l'hérésie. Le Pape l'encourage donc en ses efforts pour chasser du royaume de France les monstres de l'impiété. Ce but sera facilement atteint, quand les armes du Roi Très Chrétien appliqueront à la pestilence hérétique un remède salutaire. C'est pour la gloire de Richelieu et pour le bien de la France, le vœu du Pape, qui n'oubliera jamais les bons offices