‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 206 sur 367 · L'ÉMINENCE GRISE APPROUVÉE A ROME · texte numérisé non relu

L'ÉMINENCE GRISE APPROUVÉE A ROME

ne se sont pas retrouvées, peut-être n'ont-elles pas été écrites (1). Nous avons du moins l'expression très nette de la confiance qui en est résultée pour le Saint-Père dans la lettre que celui-ci adresse au cardinal : « Le Père Joseph a confirmé de vive voix ce que le cardinal de Richelieu avait déjà fait savoir à Rome. Le Pape a été très satisfait de ses entretiens avec le Capucin (Lepré-Balain assure qu'il le recevait deux fois par semaine). Le Pape a remarqué sa prudence, sa piété, son esprit cultivé. Il a écouté avec une grande satisfaction, de la bouche du Père Joseph, le sérieux et long exposé des projets que Richelieu médite pour la paix de l'Église et la destruction de l'hérésie... Il faut que Richelieu triomphe des difficultés qui, dans le monde chrétien, peuvent être contraires à ces projets... » C'est la collaboration, l'entente sinon entre les deux pouvoirs, du moins entre les deux hommes.

Le 20 mars 1626, au sujet des mesures à prendre contre la publication des libelles qui menacent la paix du Royaume et la paix de l'Église, — nous sommes au temps de Vadmonilio et du livre de Sanctarellus, — le Pape écrit au cardinal, dont il loue, une fois de plus, le « sublime génie «.

La chute de La Rochelle confirme les sentiments du Pape, à qui elle inspire une joie profonde. Urbain VIII exulte et prodigue au ministre du Roi les témoignages de son admiration et de sa gratitude.

Il est intéressant de relever, à cette heure d'euphorie, le témoignage personnel adressé par le Pape à Richelieu, quand le cardinal Ant. Barberini remet à celui-ci les poésies latines de Sa Sainteté. Remercié et félicité par Richelieu, Urbain VIII prend plaisir à caractériser l'esprit d'édification qui a inspiré ses poésies; il a notamment, ajouté à la nouvelle édition quelques pièces à l'adresse des princes chrétiens, qu'il invite à la concorde et à l'union de leurs forces contre les infidèles.

Pape et cardinal, tous deux amateurs de belles-lettres, se sentent en confiance ici encore et s'entendent à demi mot.

(1) Voir Fagniez, Le Père Joseph et Richelieu, tome I, page 214.

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