‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 210 sur 367 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Richelieu, la langue et les lettres

La langue française d'aujourcVhui, une et générale, est V image de la centralisation.

LiTTRÉ.

Le devoir royal en ce qui concerne la Isingiie française et les lettres.

Il est bien difficile de s'imaginer l'état d'esprit de Richelieu, alors que, maître d'une juste autorité dans le Royaume, il portait ses réflexions sur la langue, sur les lettres françaises et sur la mission intellectuelle qui, à ce sujet, incombait au pouvoir royal.

Le plus grand des penseurs contemporains, René Descartes, a exposé l'embarras d'un esprit grave, ayant reçu les mêmes leçons que son voisin du Poitou, Armand de Richelieu : « Je ne laissois pas, écrit-il, d'estimer les exercices auxquels on s'occupe dans les écoles. Je savois que les langues qu'on y apprend sont nécessaires pour l'intelligence des livres anciens; que la gentillesse des fables réveille l'esprit, que les actions raisonnables des histoires le relèvent. . . Mais je croyois avoir déjà donné assez de temps aux langues et même à la lecture des livres anciens et à leurs histoires et à leurs fables. Pour les autres sciences... je jugeois qu'on ne pouvoit rien avoir bâti qui fût solide sur des fondements si peu fermes. ..Et enfin, pour les mauvaises doctrines, je pensois déjà connoître assez ce qu'elles valoient pour n'être plus sujet à être trompé ni par les promesses d'un alchimiste, ni par les prédictions d'un astrologue, ni par les impostures d'un magicien, ni par les artifices ou les van-

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