‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 216 sur 367 · TRA LOS MONTES · texte numérisé non relu

TRA LOS MONTES

fut restaurée plus encore par la victoire de Jeanne d'Arc que par celles du « Victorieux ».

On pouvait croire que la crise était passée, mais le mal n'avait pas épuisé son venin. Une nouvelle crise se produisit : le grand humanisme, l'humanisme de la Renaissance.

Influence de l' humanisme sur la langue.

François I^^ rapporta de sa défaite et de sa captivité ce que nous appellerions aujourd'hui « le snobisme italien ». La France a pour nature de s'incliner sous la tempête et de saisir, sur l'adversaire vainqueur, certains des moyens par lesquels il l'a vaincue, pour s'en servir contre lui.

De même que le gothique céda le pas à l'art italien, de même la langue et les lettres françaises se parèrent de brillants ira los montes^ Italie, Espagne.

En même temps, la Réforme se dressait sur le Rhin.

L'Eglise romaine ne perdit pas pied. La Papauté alla chercher un asile en Avignon. Cependant, les esprits étaient inquiets, hésitants : quels seront les lendemains? Quel parti la France doit-elle prendre? Rompre avec le Saint-Siège, se soumettre à cette pensée germanique toujours si encombrée de démesure et d'obscurité?... On hésita, mais pas longtemps. Dans l'état de l'Europe, il n'y avait de salut que dans la fidélité à l'Église romaine, à la pensée latine. L'atroce misère des guerres de religion imposa finalement au peuple de France le devoir de s'unir dans une môme volonté d'indépendance et de tolérance. Et c'est ainsi que se créa un instrument de victoire, de concorde, de paix glorieuse et de grandeur : la civilisation classique.

Fait imprévu, c'est la langue moderne, soudainement achevée, qui produisit le miracle. La France allait fixer, par sa volonté persévérante, le français de Descartes, de Corneille, de Bossuet, de La Fontaine, de Voltaire, le français qui s'empara de l'esprit universel, ce moyen d'expression droit, facile et robuste, peuple et noblesse, compris aux halles, admis aux salons, qui allait achever l'unité nationale par l'adhésion unanime, rassembler le pays, amplifier son prestige, l'unir à l'Église sauvée et achever l'Europe.

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