RONSARD, MALHERBE ET... MUSSET 2C
Hercule sa massue, et bref, les autres dieux L'un sur l'autre vantoient leurs biens à qui mieux mieux; Toutefois, ils donnoient par une voix commune L'honneur de ce débat au grand prince Neptune...
C'est tout de même un peu froid. Et combien vieilli!
Le poète s'est, sans doute, averti lui-même : n'était le dixième vers, voici un morceau qu'on dirait écrit en plein xvii^ siècle, dans la langue de Malherbe et même de Boileau.
Or, aille qui voudra mendier à grand peine D'un prince ou d'un grand roi la faveur incertaine! Quant à moi j'aime mieux ne manger que du pain Et boire d'un ruisseau puisé dedans la main, Sauter ou m'endormir sur la belle verdure, Ou composer des vers près d'une eau qui murmure; Voiries Muses baller dans un antre de nuit, Ouïr au soir bien tard pêle-mêle le bruit Des boeufs et des agneaux qui reviennent de paître; Et, bref, j'aime trop mieux cette vie champêtre. Semer, enter, planter, franc d'usure et d'émoi, Que me vendre moi-même au service d'un roi.
Citons encore une chanson rustique que, certes, n'eût point désavouée La Fontaine :
Les Hirondelles.
Dieu vous garde, messagers fidèles, Du printemps, vites hirondelles, Huppes, coucous, rossignolets, Tourtres, et vous oiseaux sauvages, Qui de cent sortes de ramages Animez les bois verdelets.
Cent mille fois je ressalue
Votre belle et douce venue.
O que j'aime cette saison
Et ce doux caquet des rivages,
Au prix des vents et des orages,
Qui m'enfermoient en ma maison.
Voici un vœu funéraire qui annonce le Saule d'Alfred de Musset :
Quand le ciel et mon heure Jugeront que je meure.
Ravi du beau séjour Du commun jour.