DESPORTES
des plus belles choses qu'il ait écrites et qui présage les grandes « repentances » du siècle :
La vie est une fleur épineuse et poignante, Belle au lever du jour, sèche en son occident; C'est moins que de la neige en l'été plus ardent, C'est une nef rompue au fort de la tourmente.
L'heur du moment n'est rien qu'une roue inconstante, D'un labeur éternel montant et descendant; Honneur, plaisir, profit, les esprits débordant, Tout est vent, songe et nue et folie évidente.
Las! c'est dont je me plains, moi qui vois commencer
Ma tête à se mêler, mes jours à se passer.
Dont j'ai mis les plus beaux en ces vaines pensées.
Et le fruit que je cueille et que je vois sortir Des heures de ma vie, hélas! si mal serrées. C'est honte, ennui, regret, dommage et repentir.
Desportes laissa un neveu héritier de son don poétique, mais qui devait en faire un tout autre usage : le satirique Régnier.
Et nous arrivons aux contemporains de Richelieu ministre.
Maynard est né à Toulouse en 1582. Nous sommes en présence d'un de ces protestants du Midi, — de ce pays d'adiousias, comme disait Malherbe, — qui, Français encore incertain, facile à se désunir ou à se convertir selon l'intérêt du moment, sera au point de vue politique et même au point de vue littéraire, un si grand souci pour le cardinal de Richelieu.
Ces gens avaient reçu le coup de la Saint-Barthélémy; ils avaient vu la conversion de Henri IV; ils assistaient à la chute de La Rochelle et vivaient sous la menace d'une abolition soudaine de l'Édit de Nantes. Bouche close, ils sont de l'opposition; mais, nés Français, ils entendent rester Français; Français d'une race tolérante, non bigote, non espagnole, bons sujets du Roiet comptant sur leur part dans le service et dans les largesses royales.
Il y a parmi ces huguenots, des Lesdiguières, des Sullj'', des Turenne, des Conrart. Richelieu les surveille et n'a pas renoncé à les réunir et à les « employer »,
Maynard vécut dans l'entourage de Gaston de France où l'on