MAYNARD
détestait le cardinal (1); il resta, au fond, de l'opposition avec les Cramail, les Bassompierre, etc. Richelieu ne lui pardonna jamais une épigramme désobligeante que le poète avait lancée contre lui et qui n'était qu'une mise en demeure assez sotte de lui procurer une prébende. Cependant, le fondateur devait, par la suite, inscrire Maynard sur la première liste des membres de l'Académie. Nous verrons qu'il ménagea longtemps ses adversaires protestants, surtout ceux qu'il espérait convertir. Toujours son principe de l'unité. Maynard s'était rapproché de Malherbe, qui parlait de lui avec estime, l'adjoignant à l'équipe des réformateurs.
Parmi les meilleurs vers de Maynard, on cite la Belle Vieille; en voici de moins connus qui sont d'un mérite égal et qui permettent de déterminer sa situation à l'égard de Richelieu. Le poète, cherchant à réparer l'incident de l'épigramme, célébrait le succès du Voyage du Languedoc et dédiait cette pièce au ministre vainqueur de La Rochelle :
Un excès d'aise me transporte Que mortel n'a jamais connu :
La guerre domestique est morte Et le bon siècle est revenu.
Le laboureur et sa famille, Entre les ris et les chansons, Feront tomber sous la faucille La jeune beauté des moissons.
La paix revient du ciel nous rendre Nos premières félicités; Par elle s'en iront descendre Lés dieux qui nous avaient quittés.
Armand, on voit que ce monarque T'estime sans comparaison ; ,Et c'est ta véritable marque Et la force de ta raison.
La raison! Toujours le mot du siècle. Maynard l'avait chantée. Il fut de l'Académie.
Théophile est aussi l'un des derniers survivants du xvi^ siècle.
(1) Voir un bon exposé de cet entourage dans l'ouvrage de M. Emile Magne, Voiturr et VHôtel de Rambouillet, tome I"^', passini.