‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 253 sur 367 · PARTIALITÉ DE BOISROBERT ET DE PELLISSON · texte numérisé non relu

PARTIALITÉ DE BOISROBERT ET DE PELLISSON

abbé grotesque, traité à coups de pied par le cardinal et chargé, tout au plus, d'entretenir, aux heures de repos, quelque bonne humeur dans l'esprit du ministre en rapportant les potins de la Cour et de la ville? Peut-on croire que ce Boisrobert aura seul qualité pour attirer l'attention du maître sur la réalisation de ces graves desseins qui sont éminemment ceux de l'homme d'Etat, de l'orateur, de l'écrivain, du prélat qui a toujours eu le souci de son devoir national et qui veut la France à son rang, rayonnante dans le monde?

D'où vient la véritable inspiration du cardinal ?

Finalement, pourquoi ne pas interroger Richelieu lui-même, en nous demandant pourquoi on ne l'a pas fait jusqu'ici? Pourquoi les historiens de l'Académie française ont-ils suivi pied à pied, au sujet de cette fondation, les adversaires ou les valets suspects du grand ministre défunt, et n'ont-ils pas cherché dans sa propre parole les vraies raisons qui l'ont décidé?

On les eût trouvées, en effet, dans des propos vérifiés, dans des confidences authentiques qui émanent de lui. On s'est rapporté bien légèrement aux récits des Boisrobert, des Pellisson. Il eût fallu réfléchir qu'à l'époque où ils écrivaient, c'est-à-dire sous la régence d'Anne d'Autriche, la Cour et l'opinion étaient en pleine réaction contre la mémoire du cardinal. De toute évidence, ceux qui entouraient la Régente n'auraient jamais osé mettre la vérité en lumière, à supposer qu'ils l'eussent connue. « Le grand Pan » était mort; ils n'avaient plus rien à attendre de lui. Et la Cour, les parlementaires, les frondeurs se fussent révoltés contre des éloges qui les compromettaient. Les apologistes du cardinal y auraient perdu la faveur du public... et leurs pensions!

Pendant des siècles, il ne fut plus permis de parler du cardinal sans vitupérer les tyrannies, la violence et les méSaits de la robe rouge. Gomment ne l'eût-on pas souillée de vilaines histoires? Heureusement, Richelieu a laissé de quoi éclairer l'avenir sur sa véritable pensée.

En ce qui concerne, d'abord, la question de l'enseignement

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