LES INJURES DES ENNEMIS DE CORNEILLE
i D'une simple vertu c'est l'elTel ordinaire;
Mille déjà l'ont fait, mille pourroient le faire; Mourir pour le pays est un si digne sort Qu'on brigueroit en foule une si belle mort.
Mais vouloir au public immoler ce qu'on aime, S'attacher au combat contre un autre soi-même. Attaquer un parti qui prend pour défenseur Le frère d'une femme et l'amant d'une sœur! Et, rompiant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie. Contre un sang qu'on voudroit racheter de sa vie, Une telle vertu n'appartenoit qu'à nous : L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux Et peu d'hommes au cœur l'ont assez imprimée Pour oser aspirer à tant de renommée.
Mettez-vous un instant parmi les auditeurs. Est-ce que ces vers ne frémissent pas de la lutte fratricide engagée par les membres de la famille royale contre le Roi, et qui se propage parmi les membres des familles françaises? Jamais la France n'a eu davantage besoin de courage, d'union et d'autorité sur elle-même. Le sentiment familial, l'amour, l'intérêt particulier, les passions doivent s'incliner devant la cause publique. Corneille a dit le mot de ces heures qui inspirera, désormais son théâtre héroïque :
En rompant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie.
Et, dans quelle belle et bonne langue française le vieux mythe des chansons de geste s'exprime-t-il alors avec l'accent qu'essaieront de retrouver, par la suite, les hymnes révolutionnaires : Mourir pour la pairie!
Nous avons dit l'effet qu'avait produit VExcuse à Ariste, lancée si imprudemment par Corneille en réponse à ses insulteurs et la violence de la campagne qui, en retour, avait été déchaînée contre lui. Les choses s'étaient envenimées à un point extrême. Aux attaques renouvelées. Corneille répondait sur un ton de haut mépris, selon sa fière nature et selon son génie : Je ne vous crains ni ne vous aime!
D'autre ])ari, les moindres injures contre lui l'envoyaient aux «Petites-Maisons », le traitaient de Chat sauvage, de Mulet de Messire Jean. U avertissement en jorine de prédiction adresse à très