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LA SPLENDEUR DU PASSÉ RAVIVÉE

était donné. Les grands Papes, protecteurs de Raphaël et de Michel- Ange, construisaient; mais les monuments commandés par eux, étaient à peine achevés; le moellon des murs attendait encore le revêtement du marbre ou de la fresque (1). Michel-Ange n'avait pas achevé la coupole de Saint-Pierre, quand il mourut en 1504 (l'expédition de François I^"" était de 1515); et le Roi gentilhomme n'avait-il pas dû offrir un asile, dans les jardins de Touraine, aux dernières années du grand Léonard?

En fait, c'était la splendeur du passé qui se trouvait ravivée. Les humanistes du siècle précédent n'avaient pu que l'évoquer; ils n'avaient pas su lui donner sa véritable figure. Mais, maintenant, il ne s'agissait pas de lecture seulement : voilà que les scènes de la vie antique et les tableaux de la « Ville », — Rome, — s'étalaient devant les yeux, étaient soumis à la réflexion, s'imposaient à l'imitation.

Le pollen s'était répandu, soudainement, sur la fleur de la pensée nouvelle; la tige de l'art reverdissait : un rayon de soleil illuminait le champ fécond du génie français.

Le xvi^ siècle se lève devant nous avec ce quelque chose de trouble et d'anxieux qui l'agite, cette subordination à l'antique qui s'introduit dans son .christianisme ébranlé, divisé, en quelque sorte laïcisé. Selon la parole de Platon, « la plus grande gloire que puisse ambitionner un philosophe, c'est de se rendre habile dans tous les arts,... sinon dans tous, au moins dans la plupart, surtout dans ceux qui méritent au plus haut point notre estime, comme étant du ressort de l'intelligence plutôt que de l'opération des mains. Si l'ouvrier vaut six cents drachmes, l'architecte en sera estimé dix mille (2) ».

L'art est une politique; l'art va devenir, avec le siècle nouveau, une philosophie. C'est ainsi que nous voyons notre Descartes réclamer une « architecture rationnelle », au moment même où

(1) Les palais de Vicence sont des bâtisses de briques avec crépis simulant la pierre, A Choisy, Histoire de V architecture, tome H, page 673.

(2) La première édition de Vitruve fut donnée à Rome en 1486, in-folio. Mais celle qui pénétra en France, et de là dans le monde entier, parut à Lyon chez Jean de Tournes, avec le commentaire de Philandre en 1551, in-quarto. Toute l'antiquité pratique est là, par suite toute la Renai.^sanre monumentale. Le livre est dédié à François I'"''.

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