MÊME DISPOSITION QU'A VERSAILLES
bande noire, son dernier acquéreur, sous la condition qu'il serait démoli (1).
On ne pourrait donner une idée de ce que fut cette pièce monumentale même, si l'on faisait appel à la veine poétique du bon M. Vignier, qui la célébra quelque temps après la construction : une avant-cour demi-circulaire mesurant soixante et deux toises de long et quarante et une de large, dont la porte centrale s'ouvre entre des communs appuyés aux angles sur des pavillons carrés. En arrière, une autre cour, non moins majestueuse, est formée par d'immenses écuries et corps de logis au rez de chaussée, dont les angles s'appuient sur des pavillons du même style, mais de plus d'allure à deux étages et coiffés de hauts toits d'ardoise. Ceux-ci, notre poète les célèbre en des vers qu'il faut bien accepter, puisqu'ils le furent par le Grand Siècle : •
Tout rit, tout plaît également :
Au milieu de deux grandes ailes, Deux dômes s'élevant font un bel ornement;
Aux quatre coins en parallèles.
Quatre gros pavillons régnent superbement.
Une troisième cour, mais plus étroite, prolonge les deux autres et c'est sur cette cour que le château est construit. Certainement, il paraît un peu étriqué et comme gêné dans sa sobriété froide n'étant surélevé qu'au centre par un troisième étage formant pavillon. La» façade prend jour, d'une part sur les cours et, d'autre part, sur la campagne, ce qui inspire encore notre poète :
Prodige que l'on peut dire unique et nouveau. Incomparable point de vue D'où l'œil perce parc et château, La ville, la grande avenue.
Le petit parc et le rond d'eau (2).
En un mot, une disposition générale en plusieurs retraits, qui, sera la même à Versailles et pour la môme raison, c'est-à-dire la volonté de préserver la petite demeure du père. Il y a là un manque d'unité et de proportion qui, chose curieuse, s'imposera à l'archi-
(1) Voir ci-dessous, pages 424-425.
(2) Vignier, Le Château de Rielwlieii ncee de.<; réflexions itwrnles. Sauimir. Chez De^bnrde, 1678, in-12.