UN PRINCE ALLEMAND QUI L'EST MOINS
il devait représenter le danger d'une alliance avec cette maison d'Autriche « qui n'avoit d'autre pensée que de s'insinuer dans le royaume de Pologne afin d'en faire comme de ceux d'Hongrie et de Bohême (1) ».
Le prince Casimir n'était pas seul à peu goûter le séjour de Vincennes. Le prince palatin avait trouvé que le château ressemblait beaucoup plus à une prison qu'à une maison royale. 11 y était toujours enfermé au mois de janvier 1640, malgré les efforts qu'avait déployés la diplomatie anglaise pour l'en tirer. Au commencement du mois de décembre 1639, le jeune Windebank, fils d'un secrétaire d'État britannique, était venu à Paris demander que le prince fût mis en liberté, M. de Bellièvre, ambassadeur de France à Londres, l'avait annoncé comme un diplomate peu redoutable : « Ce n'est pas, avait-il écrit à Chavigny le 2 décembre, l'éloquence, la suffisance ni la vivacité de l'esprit de celui qui vous est envoyé qui obtiendra de vous ce qu'il prétend (2). » Reçu le 17 par le Roi, le 20 par le cardinal, Windebank écrivit à son père le 23 : « Le cardinal m'a traité avec infinis respects. » Plus clairvoyant, Leicester, ambassadeur d'Angleterre, expliquait le même jour au même père : « Le cardinal a parlé à M. Windebank du traité de ligue offensive et défensive... C'est leur but de se servir du motif de la liberté du prince pour faire consentir le roi ^'Angleterre à la ligue. » Et bientôt Richelieu, ayant décacheté une lettre que le secrétaire d'État Windebank adressait à son fils, pouvait lire dans la traduction qui lui fut présentée : « La France a intention de se servir de la liberté du prince Électeur pour établir une plus étroite conjonction entre l'Angleterre et la France, mais, s'ils ont dessein de retenir le prince Électeur jusqu'à ce que Sa Majesté descende si bas au-dessous de lui-même, le pauvre prince sera en pauvre état, mais ce à quoi ils s'attendent leur manquera certainement (3). »
Le l^r janvier 1640, le cardinal résolut de permettre au jeune Windebank de voir le Palatin en présence de M. de Chavigny, à
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Riclielieu, tome VII, page 813, note.
(2) Ibidem, tome VI, page 665, note.
(3) Ibidem, page 666.