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LES PRIMITIFS DE LA MUSIQUE

La musique.

Puisque nous nous sommes arrêtés devant les rares moments de détente que s'accordait ce grand laborieux, le cardinal, il faut parler aussi des heures qu'il sut consacrer à l'art qui est, par excellence, celui du repos, la musique.

C'est un fait que, dans les histoires générales de cet art, le nom de Richelieu est à peine prononcé. Il est admis que « la musique nous vint d'Italie et qu'elle vint des cieux ». Le cardinal Mazarin, en tant qu'Italien, l'aurait introduite en France.

L'ancienne nausique française.

Et, pourtant notre vieille France savait chanter. Si l'histoire officielle a négligé, de parti pris, nos primitifs de la musique, elle l'a fait par une sorte de mésestime pour ce qui n'est pas « distingué », de même qu'elle a négligé les autres créations artistiques d'avant la Renaissance. Il y a eu aussi une sorte de négligence de la part des professeurs pour ce qui peut se produire sans diplôme.

Il est permis d'affirmer aujourd'hui que le moyen âge et les premiers siècles du temps moderne ont eu des chanteurs nombreux, puissants, admirables, dignes de l'attention .de la postérité.

En cette matière, comme dans les autres productions de l'art, il n'y avait pas d'écoles particulières, mais une seule, l'école européenne.

Citons ici un témoignage compétent : « Une longue querelle s'est élevée, autour des maîtres du xiv^ et du xv^ siècles, au sujet de leur nationalité : Flamands, Belges ou Français, tous ces artistes sont de la même école, tous ont marché du même pas, tous forment cette brillante pléiade de musiciens, dits franco-belges ou francoflamands, qui tinrent le premier rang dans la musique de cette période et qui furent les maîtres des grands harmonistes italiens (1). »

(1) Lavoix Fils, La Musique française, page 58.

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