MISE EN LIBERTÉ DU PALATIN
condition que l'envoyé anglais voulût bien ne parler que français durant cette visite (1). Sachant que le roi d'Angleterre ne voulait pas entendre parler de ligue offensive et défensive, il avait trouvé trois moyens de rendre la liberté au Palatin. Le premier était que Sa Majesté voulût bien mettre le prince à même de « lever des troupes pour agir de son chef vers la Westphalie, comme il avait commencé ». Le Palatin, de son côté, donnerait assurance qu'il « n'avoit point eu dessein de débaucher l'armée «du Roi en Allemagne et que pour rien au monde il ne voudroit penser à une telle chose. Le second moyen exigeait toujours du Palatin la même assurance, mais il ne comportait que cette déclaration de Charles I^^ : « Le roi de la Grande-Bretagne ne donneroit point de troupes aux ennemis ni permission d'en lever dans son État et il fermeroit les yeux à celles que Sa Majesté (Très Chrétienne) y voudroit lever ci-après, pour être employées tant en Allemagne qu'ailleurs, pour l'avantage de la cause commune et le particulier du prince son neveu. » Le troisième moyen ne comportait plus que l'assurance demandée au Palatin (2). Celui-ci ne sortit de Vincennes à la fin du mois de mars 1640, qu'après l'avoir signée.
Il avait fallu pour obtenir sa mise en liberté, l'insistance de Grotius, ministre de Suède qui, sur l'ordre de la reine Christine, était venu dire à Louis XIII, au cours d'une audience obtenue à grand peine : « Sire, il ne m'appartient pas d'entrer dans les raisons qui ont conduit votre Majesté dans ses résolutions, mais s'il m'est permis de dire ce que je pense à un si grand Roi, sans manquer au respect que je lui dois, il me paraît que le meilleur remède que l'on puisse apporter à ces sortes de maux, c'est de les oublier et d'empêcher qu'il n'en arrive de semblables à l'avenir. Je pourrois ajouter que si M. l'Électeur est tombé dans quelque faute, elle doit vous paraître d'autant plus excusable qu'il n'est ni assez avancé en âge pour avoir acquis une grande expérience des affaires du monde, ni assez puissant pour avoir à son service les gens les plus capables de lui donner les meilleurs conseils (3). »
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, page 667.
(2) Ibidem, page 668.
(X) Voir Père Griffet, Histoire du Bèf^ne de Louis XII J, tome III, pages 258-259.