‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 37 sur 367 · VICTOIRE DU COMTE D'HARCOURT EN ITALIE · texte numérisé non relu

VICTOIRE DU COMTE D'HARCOURT EN ITALIE

étrangers, les recrues arrêtées, payées et assurées, pour le cours de cette année en Italie, viennent à plus de trente mille hommes, sans compter huit à neuf mille hommes de pied et douze cents chevaux, que M. de Bordeaux aura en Provence, avec une armée navale de vingt-deux galères et de cinquante vaisseaux destinés pour le secours de l'Italie. Je ne vous dirai rien de l'armée de M. de Longueville et de l'union de M^^ la Landgrave (1), parce que vous en savez autant que nous, et seulement dois-je vous faire savoir qu'on lui envoie quatre mille hommes de pied et mille chevaux de recrues. Je vous avoue qu'en vous écrivant ce que je fais, j'ai de la peine à le croire, mais cependant c'est chose si véritable que je puis vous assurer que le tout sera effectif et qu'outre ce que dessus, le marquis de Brézé (Armand de Maillé), assisté de bons tuteurs pour apprendre son métier, sera en la mer océane avec vingt-quatre bons vaisseaux de guerre et dix brûlots (2). »

Cependant en Italie, le comte d'Harcourt, sans attendre les trente mille recrues annoncées par le cardinal, attaquait le marquis de Leganès, qui assiégeait Casai. Turenne commandait la cavalerie, le comte de La Mothe-Houdancourt et le comte du Plessis-Praslin, les marquis de Ville et de Pianezza commandaient les trois corps de l'infanterie, dont l'un était savoyard. Dès le 6 mai, Richeheu put écrire à Mazarin, dont il francisait, dans sa joie, le sobriquet italien (3) : « Colmard, la France a gagné une bataille en Italie, trois mille hommes sont demeurés sur la place, quatre canons et la moitié du bagage des ennemis sont es mains des victorieux. Casai n'est pas seulement délivré, mais il voit l'orgueil de ceux qu^ le vouloient perdre sous ses pieds et, après les avoir vus remuer beaucoup de terre pour sa ruine, il en remue à son tour pour les faire jouir du dernier ofiice qui se rend aux chrétiens bien qu'ennemis. Le Dieu des batailles a fait ces merveilles (4). »

(1) La Landgrave de Hesse qui, moyennant un subside de cent cinquante mille reichsthalers, s'était engagée à unir ses troupes à celles du duc de Longueville.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, pages 681-682.

(3) Colmardo.

(4) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VII, page 814.

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