‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 39 sur 367 · LES CONDITIONS DU COMTE D'HARCOURT · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS DU COMTE D'HARCOURT

pleines de poudre et de farine que leur envoyait l'artillerie de Leganès, tentèrent une sortie le 14 septembre. Le marquis n'ayant point exécuté à l'heure convenue la diversion promise, la sortie échoua. Leganès, découragé, s'éloigna avec ses troupes.

Mazarin en Italie.

Ce même 14 septembre 1640, Mazarin, que Richelieu avait chargé de négocier la capitulation de la cité piémontaise, recevait ces instructions : « Le Roi veut que M. Mazarin sache et fasse savoir à M. le Comte d'Harcourt que, si le prince Thomas ne veut faire un traité dans des conditions convenables, on fasse toute sorte d'efforts imaginables et possibles pour prendre sa personne et la ville tout ensemble... Le moindre traité auquel on puisse recevoir le prince Thomas est de rendre purement et simplement Turin entre les mains du Roi et de se rendre à Coni sur la foi du traité secret qu'il aura passé d'entrer ouvertement dans trois mois au service du Roi (1). »

Le 20 septembre, Mazarin, ambassadeur extraordinaire du .Roi près Madame, n'était pas encore arrivé au camp et, depuis la veille, le comte d'Harcourt, qui n'était pas averti de son départ, avait signé la capitulation. Il était convenu que « M. le Prince Thomas de Savoie remettrait la ville de Turin au Roi entre les mains du comte d'Harcourt, lieutenant général de l'armée de Sa Majesté, laquelle voulait établir dans ladite ville la régence de Madame dans la souveraineté de M. le Duc de Savoie ». Les autres articles de la capitulation réglaient notamment la sortie de la garnison fixée au 22 septembre, la sortie de ceux des bourgeois qui voudraient partir et qui seraient libres d'aller où bon leur semblerait, pourvu qu'ils ne prétendissent point entrer dans les places tenues par les troupes du Roi sans le consentement des gouverneurs. Les princesses de Savoie, qui étaient demeurées à Turin durant le siège, pourraient y continuer leur séjour, y recevoir le paiement de leurs apanages, y laisser leurs domestiques, meubles, bardes et

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Ruhelieu, tome VII, page 820.

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