VICTOIRE NAVALE
demandaient la punition des criminels des « nations », excommuniés par l'évêque de Girone. Il obtint du comte duc des ordres pour châtier les coupables, qui s'étaient retirés en Roussillon. Avec une suite nombreuse, il prit le chemin de Perpignan, mais fut rejoint par des ordres contraires. En vain il dépêcha à Madrid son fils le marquis de Povar, L'envoyé fut mal reçu par Philippe IV. Les nouvelles qu'il rapporta à Perpignan accablèrent son père, qui s'y trouvait de plus en plus souffrant. Le 17 juillet 1640, le vice-roi fit appeler à la maison du procureur où il était descendu, le représentant du Principat de Barcelone et il lui dit : « A la volonté de Dieu! En ce qui me concerne, j'ai toujours désiré et tâché de réaliser la paix et la tranquillité du Principat. J'ai écrit au Roi qu'il falloit le libérer des gens de guerre, que j'ai offert de conduire moi-même... J'ai garanti à Sa Majesté qu'elle ne perdroit pas un soldat en route, mais j'attends toujours la réponse de Madrid. » Le 22 juillet 1640, Cardona, découragé, expirait (1).
Le marquis de Brézé devant Cadix.
Ce même jour, sur la côte de l'Atlantique, au large de Cadix, la flotte du Ponant, que commandait Armand de Maillé, marquis de Brézé et qui était composée de vingt et un navires de guerres défaisait la flotte espagnole qui était sur le point de cingler ver. la Nouvelle-Espagne et dont les dix gahons étaient fort redoutables, Le combat reprit le lendemain, l'amiral ennemi s'enfonça dans la mer avec deux galions : « Le soleil ayant dissipé les brumes, lisons-nous dans une relation contemporaine, on vit les ennemis entrer dans la baie de Cadix, ce qui obligea M. le Marquis à tenir conseil, auquel il insistait fort de donner dans cette baie pour les achever de ruiner, mais l'exécution en ayant été jugée impossible, on se contenta de demeurer en leur présence et à leur vue, comme maître de la mer oii s'étoit donnée la bataille. Cependant M. le Marquis commanda aux capitaines qui avoient des prisonniers... que, s'il y avoit entre eux quelqu'un de condition, il lui fût amené. L'on reconnut seulement le neveu du duc de Maquede, qui se trou-
(1) Voir Père Grifîet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III. page 284