SUCCÈS DE SCHOMBERG
pourquoi les Catalans, qui n'attendaient plus rien de la mauvaise foi du Roi Catholique, s'étaient tournés vers le Roi Très Chrétien.
Quelques semaines plus tard, du Plessis-Besançon avait, à Céret sur la frontière du Roussillon, une conférence avec don Raymond de Guymera, général des troupes catalanes. Mais le comte duc ne reste pas inactif. Tortose (cinquante lieues au sud-ouest de Barcelone) a envoyé un député à Madrid pour plaider la cause de la Catalogne. Le ministre le gagne. Tortose se donne au gouvernement de Madrid. Elle devient une place d'armes où s'assemblent les troupes du Roi Catholique, débouchant, les unes de la plaine de Valence et les autres des montagnes de l'Aragon. Cependant du Roussillon, accourt, le 22 septembre 1640, don Juan de Garay. Il paraît, avec huit mille hommes et six cents chevaux devant Millas, dont le seigneur lui apporte les clefs, puis, le 24 septembre, devant Ille, où, sur l'ordre de Richelieu, le maréchal de Schomberg et M. d'Espen'an ont fait jeter deux cents hommes. Garnison composée de Français et de Catalans, chez laquelle le courage supplée au nombre. Dès que la brèche est suffisante, il donne l'assaut : trois fois repoussé et croyant qu'un secours français est en marche, il lève le siège. Puis s'apercevant de son erreur, il revient et recommence les opérations dans toutes les règles : rien n'y manque, ni les tranchées ni les batteries armées de canons de quarante livres de balles, qu'il a fait venir de Perpignan. La brèche est bientôt large de quinze toises. La place succomberait, si, tout à coup le 29, Schomberg et d'Espenan ne se présentaient à une demi-lieue des remparts, à la tête de quinze cents hommes de pied, trois compagnies de cavalerie et cent gentilshommes. Déjà ils ont occupé une hauteur. Ils introduisent dans la ville deux cents soldats, et les assiégés s'efforcent de réparer la brèche. Et lorsque don Juan de Garay ordonne l'assaut, lorsque ses troupes s'arrêtent à vingt-cinq pas des murailles, devant la mousquetade des assiégés, il constate avec effroi que les Français attaquent son camp et qu'il va être pris entre deux feux. Il ne lui restait plus qu'à battre en retraite. Ce qu'il s'empressa de faire, poursuivi, mais non rejoint. Malgré ce succès, Tortose refusa de revenir au parti de la Catalogne, qui, de son côté, ne