‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 64 sur 367 · LA MAIN DU CARDINAL · texte numérisé non relu

LA MAIN DU CARDINAL

rière de Mantoue, se cachant dans une armoire, où il est bientôt découvert et massacré; le nouveau Roi accourant de la résidence où il vit en simple particulier, franchissant les trente lieues qui le séparent des conspirateurs; la vice-reine se résignant» pour ne pas être massacrée elle aussi, à donner au marquis de Puebla, gouverneur du château, qui peut écraser la ville sous les bombes, l'ordre de remettre sa forteresse aux rebelles, il n'en fallut pas davantage, — en apparence du moins, — pour arracher à Philippe IV une de ses plus riches provinces.

En réalité, on trouve, dans la révolution de Portugal, la main ^ de Richelieu. Dès le 2 février 1638, Louis XIII avait écrit au cardinal, — d'une plume quelque peu déçue : « Je vois que la révolte de Portugal s'apaise fort et que les nouvelles de Lopez sont fausses (1). » Richelieu, de son côté, avait prescrit à M. de Sourdis archevêque de Bordeaux, commandant l'armée navale du Ponant : « Si les Portugais se saisissent de quelques ports de mer ou, ayant quelque dessein à exécuter, envoient demander secours, il leur sera envoyé cinq ou six vaisseaux avec des forces à proportion du besoin qu'ils en auront; et en cas qu'ils réussissent à quelque chose, le Roi ou M. le Cardinal en sera promptement averti, afin de pourvoir au secours qu'il sera nécessaire de donner auxdits Portugais (2). » Ces instructions étaient datées du 12 mai 1638. Le 18, le comte d'Avaux, ambassadeur du Roi, mandait de Hambourg à Chavigny : « Un Cordelier français, travesti, qui dit avoir été en Angleterre pour passer en Portugal, et depuis renvoyé par Saint-Malo, est arrivé avant-hier au port de cette ville (Hambourg), d'où il cherche commodité pour rentrer en France. Il vient de Lisbonne, où il a tout vu et su, s'étant même introduit dans la maison de la duchesse de Mantoue, qui en est gouvernante, mais il dit n'avoir trouvé aucune disposition pour Bon dessein, comme il vous rapportera particulièrement de bouche (3). »

Durant l'été de cette année 1638, les affaires de Portugal avaient continué d'intéresser fort le cardinal. Le sieur de Saint-Pé, s'em-

(1) AlTaires étrangères, Lettres de Louis XIII à Richelieu.

(2) Eugène Sue, Correspondance de Sourdis, tome II, page 10.

(3) Voir Père Griffet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III, page 296.

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