‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 71 sur 367 · EN ROUTE POUR LONDRES · texte numérisé non relu

EN ROUTE POUR LONDRES

Cependant le duc de Vendôme avait quitté son château d'Anet pour se rendre à Paris. A mesure qu'approchait le moment où il allait se remettre entre les mains du Roi, son inquiétude le tourmentait davantage. Il se trouvait aux portes de la capitale, quand soudain, tournant bride, il prit la route d'Angleterre : « Le procédé de mon frère de Vendôme ne m'a point surpris, mandait Louis XIII au cardinal le 1" février 1641, car je n'ai jamais cru qu'il se présentât à la confrontation. Soit qu'il soit venu à Paris ou non, son absence fera voir à tout le monde que l'accusation qu'on lui a mise sus est véritable. S'il est nécessaire pour cette affaire ou pour quelque autre qui vous touche le moins du monde, que j'aille à Paris promptement, mandez-le-moi : je m'y rendrai à point nommé (1). » Le 2 février, Louis XIII ajoutait : « J'enverrai demain un gentilhomme à ma sœur de Vendôme, qui vous verra auparavant (2). » La duchesse de Vendôme, née Mercœur, vit aussitôt arriver une lettre de cachet, qui lui enjoignait de se retirer, avec ses deux fils, dans son château de Chenonceaux.

Le Roi constitua un tribunal de vingt-quatre juges, qu'il voulut présider lui-même, ce qui porta le nombre des juges à vingt-cinq. Les membres du tribunal que Louis XIII avait désignés étaient le prince de Condé, les ducs d'Uzès, de Ventadour, de Luynes; les ducs de Chaulnes et de La Force, maréchaux de France; le maréchal de Châtillon, M. de Cinq-Mars, grand écuyer de France, le chancelier Séguier, les présidents de Bellièvre et de Nesmond; Bouthillier, d'Ormesson, Bignon, de Marca, conseillers au Parlement; Talon et Moricq, commissaires rapporteurs.

Assemblé le 22 mars dans le cabinet du Roi, le tribunal entendit le rapport du procès, dont M. Talon donna lecture. Le duc de Vendôme, qui avait gagné Cherbourg, puis l'île de Jersey, puis l'Angleterre, était alors à Londres. Trois de ses lettres furent produites. L'une avait été écrite au château d'Anet le 2 janvier 1641, les deux autres à Londres le 25 février. Le chancelier fit

(1) Comte de Beauchamp, JAiuit: XIII d'après sa correspondance avec le Cardinal de Richelieu, page U99.

(2) Ibidem, page 402.

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