‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 72 sur 367 · LE TRIBUNAL PRÉSIDÉ PAR LE ROI · texte numérisé non relu

LE TRIBUNAL PRÉSIDÉ PAR LE ROI

observer que le duc de Vendôme, se présentant à Londres devant la Reine mère, avoit dit : Madame^ vous voyez un pauvre exilé, accusé d'une entreprise qu^l voudrait avoir exécutée plus en pensée qu'en effet. — « Cela est vrai, confirma Louis XIII, j'en ai la lettre. » Il fut décidé que le contumace serait « pris au corps » et ses biens saisis (1).

Environ deux mois plus tard, le 15 mai, M. de Noyers écrivit de Rueil à Chavigny : « Je vous prie de faire souvenir le Roi qu'il a trouvé bon de donner demain une heure de son temps pour quelque formalité de l'affaire de M. de Vendôme. Cela étant, il plaira à Sa Majesté de commander aux ofTiciers de tenir le dîner prêt pour MM. du Parlement, qui seront, comme je crois, huit ou dix en nombre (2). »

Le tribunal se réunit le 17 mai, un peu moins nombreux que le 22 mars, le prince de Condé notamment ne put venir. Tous les juges présents se conformèrent aux conclusions du procureur général, qui étaient que, « les témoins seroient récolés en leur déposition et que le récolement vaudroit confrontation contre le duc de Vendôme». Récolés, c'est-à-dire entendus, — toujours en secret, — pour la deuxième fois.

Mais un valet de chambre du Roi est venu dire à Sa Majesté que M. Cherré, secrétaire de M. le Cardinal, est à la porte du cabinet et demande à parler à M. le Chancelier. Sur l'ordre du Roi, le secrétaire est introduit, il s'approche du chancelier, à qui il remet une lettre de Son Éminence. Le chancelier ouvre la lettre, la lit et dit quelques mots au Roi, qui se lève et dit à son tour : « Messieurs, demeurez en vos places, je reprendrai incontinent la mienne. » Il s'entretient « un bon quart d'heure », en un coin du cabinet, avec le chancelier, avec Bouthillier, surintendant des finances, et M. de Noyers. Les autres juges, qui ne peuvent rien saisir de cette conversation, observent qu'il parle avec action, puis ils le voient retourner à sa place.

A présent Louis XIII s'adresse à toute l'assemblée : « Messieurs, commence-t-il, c'est M. le Cardinal qui me prie de pardonner à

(1) Père GrifTet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III, page 316.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, page 792, note.

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