‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 88 sur 367 · LES ECUS DU ROI D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

LES ECUS DU ROI D'ESPAGNE

Royaume » : « Leurs intérêts et les nôtres, disait le duc, seront toujours opposés dans le fond. Nous voulons entrer en France pour y exciter des mouvements capables de renverser la fortune du cardinal. Nous devons chercher notre sûreté dans une paix avantageuse et dans l'étabhssement d'un nouveau ministre. La maison d'Autriche doit souhaiter au contraire que nos divisions se perpétuent et par conséquent que le ministre qui les cause subsiste toujours (1), »

Ces sages remarques ne convainquirent point Monsieur le Comte. Cédant à la haine que lui inspirait le cardinal, il signa, — conjointement avec le duc de Bouillon, — un acte qui fut porté à Bruxelles par un agent chargé de traiter avec l'Empereur et le cardinal infant. Les deux princes, dans cet écrit, s'engageaient à repousser tout accommodement séparé. Le duc de Guise voulut suivre les signataires dans leur rébellion et il pria le baron de Beauvau de négocier pour lui à Bruxelles. Bientôt le duc d'Orléans reçut des lettres du comte de Soissons qui cherchaient à le détacher, lui aussi, du service du Roi. Il se contenta de les envoyer à Louis XIIL Monsieur le Comte essaya de gagner à sa cause le duc d'Épernon, mais l'ancien gouverneur de Guyenne ne pouvait plus rien dans sa province, depuis que Monsieur le Prince l'y avait remplacé. Il n'est pas jusqu'à Cinq-Mars qui ne pensât être en butte aux tentatives des agents de Monsieur le Comte. L'un de ceux-ci, le comte de Fiesque, voulut le faire solliciter par M. de Fontrailles, mais ce seigneur, qui jugeait l'occasion peu favorable pour M. le Grand, s'excusa sur ce qu'il était obligé de se rendre dans ses terres.

L'on était alors à la fm du mois de mai 164L M. de Beauvau reparut à Sedan. Il apportait un traité aux termes duquel sept raille hommes devaient être fournis par l'Empereur, sept mille hommes et deux cent mille écus par le roi d'Espagne. Les hommes du roi d'Espagne n'arrivèrent pas, ses écus arrivèrent en assez petit nombre. L'on ne vit guère à Sedan que les sept mille Impériaux, conduits par le baron de Lamboy (2).

Le 24 de ce même mois de mai, Louis XIII, qui se trouvait

(1) Mémoires du Duc de Bouillon.

(2) Voir Père GrifTet, Histoire du Règne de Louis XIII, tome III, pages 351-354.

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