‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 93 sur 367 · DÉFECTION DE CHARLES IV · texte numérisé non relu

DÉFECTION DE CHARLES IV

de deuil en la mort de Monsieur le Comte. Gela passera comme le monde, qui finira un jour (1). »

Le 6 septembre, le duc de Guise fut condamné à être décapité, sentence qui fut exécutée en effigie.

L'inaction de son cousin le duc de Lorraine était l'une des causes de la défaite de La Marfée. Au lendemain de cette trahison le cardinal essayait encore de retenir Charles IV dans l'alhance française. Il lui écrivit le 7 juillet 1641 : « Je ne doute point que l'accident arrivé à M. de Châtillon ne hâte .Votre Altesse de venir trouver le Roi avec vos troupes, ou votre commandement sera d'autant plus honorable qu'il sera sous le propre commandement du Roi. Vous donnerez lieu, par ce moyen, à Sa Majesté de vous témoigner de plus en plus son affection et à moi de reconnaître que la parole d'un prince comme vous est inviolable (2). » Cette parole était déjà plus qu'à demi violée. Le prince refusa les offres du cardinal et tenta vainement d'obtenir que la Lorraine fût neutralisée- pendant la guerre et complètement évacuée après la paix générale. Le 28 juillet, il fit part de sa défection à Richelieu qui dépêcha vers lui M. de Saint-Aoust avec de nouvelles offres, mais il ne put être rejoint, car il avait déjà rallié en Flandre le camp des Espagnols.

La guerre fut déclarée à Charles IV le 15 août 1641, et, le 31, la princesse de Phalsbourg mandait à Chifïlet, son médecin : « Les Français ont tout pris en Lorraine, excepté La Mothe, Epinal, Remiremont, Mirecourt et ce qui est sur la frontière du Luxembourg (3). » Mais Bar-le-Duc, Pont-à-Mousson, Saint-Mihiel, Ligny, Gondrecourt ne tardèrent pas à ouvrir leurs portes à l'armée du Roi, commandée par le comte ' de Grancey. Puis Neufchâteau, Épinal, Châtel sur la Moselle, tombèrent. Charles IV, à la fin d'octobre, contraignit Grancey à lever le siège de Dieuze puis il s'en fut au delà de la Sarre. Il n'avait point cessé jusqu'alors de négocier avec Richelieu, qui lui avait écrit le 7 octobre : « Monsieur, Votre Altesse reconnaissant sa faute comme elle fait, je ne manque point de bonne volonté de procurer sa réconciliation auprès du Roi

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, page 870.

(2) Voir F. des Roberts, Campagnes de Charles IV, tome II, page 255.

(3) Archives de Besançon.

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