‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 5)Chapitre 95 sur 367 · SA LETTRE AU CARDINAL · texte numérisé non relu

SA LETTRE AU CARDINAL

et sans fin, Monseigneur, votre humble, très obéissant et très obligé serviteur et créature Saint-Preuil. Ce 8 novembre 1641 (1). »

Le cardinal lui rendit sa politesse par cette petite oraison funèbre qu'il inséra dans la Gazette et dont il était sans doute l'auteur : .« Samedi dernier, 9 de ce mois, le sieur de Saint-Preuil, ci-devant gouverneur d'Arras, eut la tête tranchée dans Amiens, après avoir vécu jusqu'à l'âge de quarante ans, sans faire grande réflexion sur soi-même et sans rendre à Dieu ce qu'il lui devoit. Il est mort avec grande constance et autant de repentir de ses fautes et de zèle et d'ardeur envers Dieu, qu'il avoit eu par le passé d'attachement au monde. Comme sa vie a été d'un vrai et courageux soldat, on peut dire avec vérité que sa mort a été d'un parfait chrétien. Ce gentilhomme a cet avantage qu'il a été regretté du Roi et de Son Éminence, qui eût fait grandes instances pour sa grâce, si les considérations de l'État ne prévaloient toujours en lui sur ses affections particulières. Bien que son procès contienne divers faits, son malheur est venu de la dernière faute qu'il commit en attaquant la garnison qui sortoit de Bapaume, accompagnée d'un trompette du Roi, et de la rigueur avec laquelle il se conduisait en la ville d'Arras contre les ordres très précis qu'il avoit reçus de faire le contraire. »

Mais si Richelieu déplorait la mort du condamné d'Amiens, il ne regrettait pas d'avoir montré à de nouveaux sujets du Roi qu'il savait défendre leurs intérêts. L'année suivante, il devait écrire à M. de Noyers, à propos de Perpignan, devenu français lui aussi : « Je supplie le Roi de considérer Perpignan comme la place du Royaume laquelle il doit plus assurer et contre le roi d'Espagne et contre toutes sortes de pensées semblables à celles qui avoient passé dans l'esprit du pauvre Saint-Preuil (2). »

Le prince Thomas de Savoie.

Celui-ci ne donna pas plus de satisfaction au cardinal que le duc de Lorraine et le comte de Soissons. N'étant ni vassal de la

(1) Archives de M. le Comte H. de Lestraiigo.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, tome VI, pages 015-916.

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