‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 106 sur 479 · LUÇON ET LES CONCINI · texte numérisé non relu

LUÇON ET LES CONCINI

amis et des admirateurs; on se rappelait ses succès dans la chaire, son discours à l'assemblée des États en 1615, ses vastes études, la bonne administration de son diocèse, ses premiers livres d'édification et de piété. Tout le haut clergé lui était favorable. Du Perron, Sourdis, Chasteignier de la Rocheposay, Gabriel de l’Aubespine, Charles de Bourgueil, Zamet évèque de Langres, chantaient ses

louanges. Le Père Joseph qui restait, au fond, son ami avait su glis-

ser, à l'oreille des grands, le mot qui tournait leur attention vers ce jeune homme si sage et si bien doué; ses amis l’aidaient, mais l’amitié ne l’embarrassait guère ; il savait, au moment opportun, la déposer comme un fardeau gênant.

Une correspondance active, engagée de bonne heure avecles principaux ministres, donnait la mesure de son zèle un peu inquiet et de sa capacité. Il ne manquait aucune occasion d’étendreses relations, d’entrouvrir les portes, de se montrer à une heure propice, de rendre un petit service habilement placé, et il cultivait, avec des termes empressés, très polis, jusqu'aux relations les plus banales. Les voies détournées ne le rebutaient pas non plus. Le petit-fils de l'avocat Laporte avait trouvé, dans l'héritage, des accointances bourgeoises qu’il ne reniait pas, pourvu qu’elles lui fussent utiles. M°° de Bourges achetait sa vaisselle et montait sa maison. Les Bouthillier, parmi tant d’autres services inappréciables, lui avaient fait connaître Barbin, robin comme eux, leur confrère de Melun, devenu, par la faveur des Concini, un si grand personnage dans l'État. Ce fut Barbin qui, à son tour, le recommanda à la maréchale d'Ancre.

Sur l'origine de ces relations et sur leur nature, les derniers voiles ne sont pas levés. Il est probable qu'on ne les déchirera jamais tous. Un pamphlet contemporain, parlant de la conduite de Léonora, dit qu'elle avait publiquement pour amants « un prêtre onctueux » et deux autres qu'il désigne moins clairement (1). De Mor-

Journal d'ArNAuLzb n’ANpiLLy (p. 299) et une note intéressante dans le Journal de Bas- SOMPIERRE (t. 1, p. 172), — De MorGues dit, en parlant de Richelieu : « Les lettres ont servi pour subliliser davantage son esprit et pour le faire entrer dans la cour ; à quoi quelques prédications et les recommandations de Me de Guercheville servirent beaucoup; elle en a été récompensée depuis comme chacun sait. » Diverses pièces (p. 24).

(1) Catholicon françois (f° CII vo).

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