INSTRUCTIONS A SCHOMBERG
de ses enfans. » De loin, Luçon prévoyait les troubles que devait, plus tard, susciter en Allemagne la succession au trône impérial, et les rivalités d’où est issue la guerre de trente ans. Déjà, 1l prenait, « quoique discrètement », position du côté des adversaires de l'Espagne.
Renseigné sur ces intentions, — et, en diplomatie, tout finit par . se savoir, — comment le gouvernement de Philippe II eût-il gardé la moindre confiance dans les ministres qui prenaient contre lu, d'avance et de si loin, de telles précautions?
Quand, enfin, arrivant à l’objet direct de la mission de Schomberg, ses instructions lui exposent les arguments qui doivent persuader les princes d'Allemagne de venir en aide au roi, elles renferment des paroles non moins graves : « Il faudra leur faire connoître qu’il n’est pas question de religion, mais de pure rébellion; que le Roi veut traiter ses sujets, de quelque religion qu'ils soient, également; mais qu'il veut aussi, comme la raison le requiert, que les uns et les autres se tiennent à leur devoir. »
Partout en Europe, l'attitude qu’on va prendre, et qui se dessine déjà dans ces instructions, est conforme à ces principes : « Est-ce mépriser nos alliances, pour l'Espagne, que de rechercher la main du prince de Galles pour une des filles de la Reine, que d’entretenir aux États de Hollande #000 hommes de pied pour leur conservation, que de donner à la République de Genève une pension de 24 000 écus? Est-ce mépriser nos anciennes alliances en Italie que de se porter à la défense du traité d’Ast, après avoir été Les médiateurs de sa conclusion? On dit que nous abandonnons le duc de Savoie : qu’on nous montre l’Anglois, le Hollandois, l'Allemand qui se trouve en l’armée du duc de Savoie. Cependant ce sont ces nations qui nous blâment, plaisamment à la vérité... Est-ce mépriser nos anciennes alliances en faveur de l'Espagne que d'accorder aux Vénitiens le passage des Grisons qu'ils ne peuvent avoir sans nous, et sans lequel l’archiduc de Gratz auroit contre eux de très grands avantages? »
Il ne reste plus qu’à conclure. Mais c’est Le plus difficile. On ne peut passer outre au principal reproche fait par les rebelles au gouvernement de la reine : la faveur du maréchal d’Ancre. Or,
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