RICHELIEU DANS SON DIOCÈSE
intentions et mes desseins et je m’assure que toutes mes actions vous feront connaitre que l’envie et la rage de tous ceux qui me traversent ne peuvent rien altérer en un homme de bien comme moi. On me veut, monsieur, faire perdre l'honneur. Je me suis mis en votre protection pour ne rien considérer que le service du Roi, de la reine sa mère et le vôtre... Si on pense que Dieu m'ait donné quelque esprit qui n’est pas grand, il ne me doit pas être imputé à crime. Dieu voit tout... Je vous supplie d’aviser à ce que vous estimerez pour le mieux et contribuer à la conservation de l'honneur d’une personne à qui véritablement on ne le peut ôter. »
La cour saute sur l’occasion. Le 15 juin, Louis XI écrit à Richelieu et Le félicite, avec une ironie officielle, de la résolution qu'il a prise de se rendre dans son diocèse « pour y faire les devoirs de votre charge et pour exhorter vos diocésains à se conformer aux commandemens de Dieu et aux miens ». Il lui enjoint en outre de ne pas quitter désormais son évèché sans un ordre nouveau.
L'évèque de Luçon recoit cette lettre à Richelieu. Il répond le 18 juin : « Sire, n'ayant jamais eu nine pouvant avoir autre intention que de servir Votre Majesté et d’obéir à ses commandements, je n’ai rien à répondre à la lettre qu'il a plu me faire l'honneur de m'écrire, sinon que j'observerai si religieusement ce qui est de ses volontés que cette action comme toutes celles de ma vie feront avouer à tout le monde que je suis véritablement, Sire, de Votre Majesté, le fidèle et obéissant serviteur. »
La Reine continue à crier, la petite cour à s'agiter, les Bonzi et les Tantucci à trahir. Chanteloube et Ruccellai accourent. Tous les ennemis de Richelieu, tous les violents reprennent le dessus. Mais lui, est hors d’affaire et sorti du guêpier. Maintenant, il respire. Le revoilà lui-même, et après quelques jours de réflexion, 1l écrit au Roi et à Luynes, et cette fois, c’est d'un tout autre ton encore. Ce sont des lettres d'homme libre et libéré, quisait ce qu'il vaut et qui se redresse de toute sa taille : « Je proteste, Sire, devant Dieu, que je ne puis empêcher qu’on me calomnie, mais que j empècherai bien qu'on en ait sujet... Quand j'ai eu l'honneur d’être