‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 210 sur 479 · DÉCOURAGEMENT · texte numérisé non relu

DÉCOURAGEMENT

Luynes, pour surveiller ses actions, pour corrompre ses serviteurs, pour écarter les fidélités : soit un secrétaire mis là par Richelieu, soit une sœur de celui-ci qui devait prendre service près de la reine. Et tout cela profite à Bonzi, à Ruccellai et à leur cabale (1).

Richelieu ressent vivement ces piqûres. Il écrit à sa sœur : « de suis si malheureux, principalement cette année (2)... » etil déplore, à voix basse, « ... un temps auquel il semble que l’on est mis en oubli par ses amis (3) ».

En septembre, il à un moment de véritable découragement. Abattu, souffrant de son éloignement et de son isolement, le cœur lui crève. Après trois mois de silence, il prend la plume. C’est une lettre à Déagent (sept. 1617), où il implore ses bons offices, « en considération de l'amitié que vous m'avez toujours promise », et à laquelle, dit-il, il continue à croire, « quelques efforts que l’on ait faits pour le lui aliéner ». C'est une lettre à Luynes, pour le « supplier » de le « protéger » auprès de Sa Majesté (k).

C'est une lettre au roi lui-même, où il rappelle la promptitude avec laquelle il a été au-devant des désirs de la cour, en s’éloïgnant du séjour de la reine mère : « Depuis ce temps-là, j'ai vécu en ma maison, priant Dieu pour la prospérité de Votre Majeté, et recherchant parmi mes livres une occupation convenable à ma profession. On m'a toujours témoigné que la volonté de Votre Majesté était que, dans quelque temps, je retournasse près de la Reine votre mère. Même, il lui a plu me mander qu’Elle en était assurée de bonne part; sur cela j'ai attendu l'honneur de ses commandemens. Je croyais, Sire, qu'en me gouvernant de la facon non seulement demeurerais-je exempt de blâme, mais même que mes actions seroient approuvées de ceux qui me voudroient le moins de bien. N'ayant pas eu ce bonheur que je me promettois, Je tâcherai de l’acquérir à si bien faire que ceux qui me rendent de mauvais offices se ferment la bouche d'eux-mêmes : c’est, Sire, le but que je me propose, suppliant Dieu de ne me point faire

(1) BenrivocLio, t. I (p. 395-419).

(2) Correspondance (t. I, p. 543).

(3) Ibid. (p. 545).

(4) Correspondance, t. VIT (p. 411, 928).

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