POLÉMIQUE THÉOLOGIQUE
problème protestant, ou, pour mieux dire, la coexistence de plusieurs églises dans un État unifié.
C'est encore l’homme d'État qui dicte, au moment où le théologien et sorboniste écrit sou premier ouvrage de polémique religieuse : Les principaux points de la Foi de l'Église catholique deffendus contre l’escrit adressé au Roy par les quatre ministres de Charenton.
En France, toutes nos querelles politiques, depuis quatre siècles, ont un fond de religion. Le Français, logique, idéaliste et autoritaire, n’est satisfait que quand il a rattaché à des idées générales et à un système les mobiles qui le déterminent, soit passion, soit intérêt, soit caprice. Or, il trouve un système tout fait dans la doctrine religieuse où il à été nourri ou bien qu'il a choisie luimême. La religion fait le parti ou, du moins, l’autorise. Ainsi s’explique également l'importance, qui parait d’abord singulière, de certains livres de controverse dans notre histoire. Les Provinciales de Pascal ont une portée politique qui égale, si même elle ne le dépasse, leur intérêt théologique.
Au début du xvu® siècle, la querelle du protestantisme et du catholicisme se poursuivait simultanément dans les faits, l'épée au poing, et dans les livres, la plume à la main. Les gouvernements ne pouvaient s'y montrer indifférents. Le roi Jacques était un polémiste. Henri IV, débonnaire, présidait aux laborieux tournois oratoires engagés entre un Du Perron et un Duplessis-Mornay. Les femmes assistaient à ces conférences comme à un spectacle. Tout le monde écoutait ces disputes scolastiques, sans les bien comprendre peut-être, mais avec le plus vif intérêt. Il y allait, pour chacun, non seulement de la cause religieuse à laquelle il appartenait, mais du parti dans lequel il était engagé corps et biens.
Vue sous cet angle, la littérature de controverse qui encombre les bibliothèques du xvu° siècle, s’éclaire de son vrai Jour. Bossuet écrit l'Histoire des Variations des Églises protestantes au moment où Louis XIV révoque l'Édit de Nantes.
Dans ces luttes séculaires, la Compagnie de Jésus combaitait au premier rang. L'Ordre, ou plus exactement « la Compagnie », avait été créée pour la bataille : elle bataillait courageusement.