LES « PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI
gnait pas au change. Le Père Arnoux eut-il la prétention de faire oublier les joutes oratoires où son prédécesseur avait brillé? Voulut-il débuter par un coup d'éclat? Vers le milieu de 1617, deux mois après qu'il eut été choisi pour remplir les fonctions de confesseur, prèchant à Fontainebleau, il prononça devant le Roi deux discours où 1l se faisait fort de démontrer que tous les textes de l'Écriture sainte cités par les protestants dans leur Confession de foi étaient faussement allégués et, pour donner à ce défi plus de poids, il remit entre les mains du Roi et fit circuler dans la cour une liste des textes au sujet desquels il prétendait prouver la fragilité de La thèse protestante (1).
Accuser des protestants d'ignorer la Bible ! Les plumes des pasteurs sont taillées aussitôt. Les plus qualifiés d’entre eux descendent dans la lice. Ils font au Père Arnoux une réponse savante, précédée d’une préface courte et incisive, qui résume, en somme, la thèse protestante sur le dogme, sur la discipline et sur les affaires
du monde. Cette réponse était intitulée : Défense de la confession
des Eglises réformées de France contre les accusations du sieur
Arnould, jésuite, et elle était signée des quatre ministres de.
Charenton : Montigni, Durand, du Moulin et Mestrezat.
La brochure parue, tout l’accompagnement ordinaire de ces :
sortes d'événements se produisit: la Sorbonne intervint, le Parlement se saisit; le Conseil évoqua l'affaire (2). La Cour, qui, parmi tant de difficultés intérieures, n'avait pas besoin de cette complication, eût voulu étouffer l'incident. Mais les plumes étaient déchainées. Les chaires et les prêches retentissaient des discussions et des contradictions les plus véhémentes.
Richelieu pensa que l'occasion était excellente pour rappeler qu'il existait, qu'il avait, comme évêque, la garde du troupeau du Christ, et pour faire entendre le mot de l’homme d'État dans une question qui touchait tout autant à la politique qu'à la religion. En moins de trois mois, il écrivit, imprima et
(1) Voir tout l’incident dans BenTivocLio (t. I, p. 361, 366, 389, etc.).
(2) Voir l'arrêt du Conseil évoquant l'affaire, 10 juillet 1617, dans le vol. 771 de Affaires Étrangères. Mémoires et Documents (f 160). — Cfr. PuxoL, Louis XII et le Béarn (p. 448).