‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 221 sur 479 · I. — L’exil · texte numérisé non relu

I. — L’exil

Dans la lettre par laquelle le Roi donnait à Richelieu l’ordre de se rendre à Avignon (2), il était allégué comme motifs : « les fréquentes visites et assemblées, allées et venues de diverses personnes qui se font aux lieux où vous êtes et dont plusieurs de nos sujets prennent ombrage et défiance ». On lui fait le reproche, en un mot, d'être un artisan d'intrigues.

Il est difficile aux hommes qui ont été dans les affaires d’échapper à ce genre d'accusation. Richelieu, se sentant victime de cette délation ambiante qui enveloppe spontanément ceux quisont craints, sinclina: « Sire, écrivait-il au Roï,je partirai précisément après-demain pour satisfaire au commandement qu'il plait à V. M. me faire m'en aller en Avignon. » Quant aux menées dont on l’accuse, 1l demande simplement qu'on fasse une enquête «et qu'on envoie quelqu'un sur les lieux, dépouillé de passion, pour prendre connaissance de la vérité ».

Demande inutile et qui ne pouvait avoir de suite. On ne cherchait pas à reconnaitre s’il avait raison, mais bien à lui trouver des torts. Comme dit son historiographe, Aubery : «On savait très bien

(1) Je dois remercier tout particulièrement M. Duhamel, archiviste de Vaucluse, qui à bien voulu me remettre le manuscrit d’un travail inédit, où il a étudié le séjour de Richelieu à Avignon. Cette obligeante communication m'a été d’un grand Secours.

(2) Correspondance (t. I, p. 568).

Page 1