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LE SAINT-SIÈGE ET RICHELIEU

dessein, ont toujours répondu qu'elle était nécessaire au bien de cet État et au repos de nos voisins? » Il se défend donc d’être « Espagnol ».

Il a d'autant plus de courage à le faire en ce moment que Rome est son seul appui, — toutes les ambitions du futur cardinal étant, d’ailleurs, tournées vers le Saint-Siège. Non seulement il habite sur terre pontificale, mais Le Pape, qui n’a pas oublié qu'il est évêque, a pris sa défense. Une discussion très vive s’est même engagée à son sujet entre les deux cours (1). |

Dès la nouvelle de l’arrivée de l’évèque de Lucon à Avignon. le pape Paul V, au cours d’une conversation avec l'ambassadeur de France, Denis de Marquemont, lui dit qu'il avait su, par les bruits de Rome, que l’évêque était obligé de rester à Avignon. Il ajouta, — ce sont les propres termes dont il se servit : — «quil serait bien aise de n'avoir pas ces personnes-là dans la dite ville », et il dit encore : « Que deviendra la résidence qu'il doit en son évêché:; et que dira le monde de le voir interdit d’aller où son devoir l’oblige? » Le pape manifesta le regret qu’on ne se füt pas, du moins, servi de l'autorité du nonce pour donner, à un évèque, un telcommandement.

Il revient sur ce sujet quelque temps après, signalant l’inconvénient que présentait le séjour de l’évêque de Luçon à Avignon, « de crainte qu'il n’aille faire quelque chose qui déplaise à Votre Majesté 4

Mais la cour de France se fâcha. Louis XII lui-même écrivit à son ambassadeur (6 juin 1618) : « Tant s’en faut, dit-il, que cet évêque vaquât aux exercices de sa profession, qu'il faisoit pratiques préjudiciables à mon service. » Etle ministre des affaires étrangères, Puisieux, d'autant plus ardent qu'il s'agissait d’accabler son prédécesseur : « Sa Sainteté, à notre avis, le prend un peu bien haut, se scandalisant de la retraite de M. de Luçon à Avignon. Sans doute, il y ena qui lui donnent ces mauvais avis avec commentaires. Si elle y défère, on lui mettra souvent la puce à l’o-

(1) Sur les relations de Richelieu avec Rome à celte époque, cfr. Correspondance. (&. 1, p. 573), lettre au Cardinal Ubaldini, — Ausery, Histoire (t.T, p. 28). — Instruction du Cardinal Farnèse à Benrivocrio, dans les lettres de celui-ci (t, I, p. 316).

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