‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 251 sur 479 · PAIX D'ANGOULÈME · texte numérisé non relu

PAIX D'ANGOULÈME

doit garder sa liberté d'action, dans une « demeure sûre et libre ». Cette phrase avait déjà dicté toute la conduite de Marie de Médicis durant la négocialion qu’elle avait menée elle-même avec le

comte de Béthune. Dans ses conversations, elle avait appuyé sans

relâche sur la séreté qu’elle réclamait du Roi. Sireté, qu'est-ce. à dire? Béthune insistait.Il voulait la faire parler. Mais elle ne sortait pas de sa formule; elle voulait qu'on la comprit à demi-mot, qu'on lui fit des propositions. |

C'est ce à quoi la Cour, de guerre lasse, avait fini par se résoudre : dès le 8 avril, au moment où le cardinal de La Rochefoucauld, envoyé vers elle, recevait des instructions catégoriques sur ce point : « Sa dite Majesté considérant que, jusqu à présent, la qualité que laReine à eu, en sa personne, de gouverneur de la province de Normandie, a été plutôt pour en porter le nom que pour en faire aucune fonction, Elle lui veut commettre effectivement la charge du gouvernement d'une province à laquelle elle puisse commander sous Son autorité et même lui donner dans

icelle la charge de quelques places pour s'y retirer quand

bon lui semblera. Pour cet effet, M. le cardinal lui proposera, qu'en remettant ès mains de Sa Majesté le titre qu'elle a de gouvernante de Normandie, Elle lui fera bailler le gouvernement de

la province d'Anjou, avec le château d’Angers, pour le faire garder

par telles personnes qu'elle voudra nommer à Sa Majesté... et néanmoins Sa Majesté donne à M. le Cardinal le pouvoir de lui offrir encore, avec cela, la garde des Ponts-de-Cé sur la rivière de Loire, ou, si elle estime peu ledit Pont-de-Cé, il pourra se relâcher, au lieu d’icelui, de lui bailler la garde de la ville et du château de Chinon, pour le tenir en la même forme que celui d'Angers. Et si elle ne se contente desdites places d'Angers et de Chinon ensemble, il y pourra encore ajouter celui des Pontsde-Cé. »

Une fois que la négociation avait pris cette tournure, elle devait aboutir rapidement. Béthune dit lui-même qu'il était aidé sous-main « par des personnes approchant la reine et. auxquelles elle à beaucoup de confiance, qui souhaitent contribuer comme des gens de bien pour le succès d’un prompt accom-

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