‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 253 sur 479 · NOUVELLES NÉGOCIATIONS · texte numérisé non relu

NOUVELLES NÉGOCIATIONS

les pays d’en deçà et d’au delà de la Loire, tout en se tenant, au besoin, en contact avec l'étranger par la mer (1).

De telles vues étaient suspectes. La cour avait, pour refuser Nantes et Amboise, les mêmes raisons que les Richelieu avaient pour les réclamer. Cette exigence faillit tout rompre. Mais quand Boulogne et Uzerche furent pris, quand Schomberg eut menacé Angoulème et qu'il fallut traiter précipitamment, Marie de Médicis avait cru habile de se contenter, en ce qui concernait les places de sûreté, d’une indication générale et d’une promesse verbale de La Rochefoucauld. Le traité d'Angoulême proprement dit, c’est-à-dire l’acte qui fut signéle 12 mai, ne contenait, à ce sujet, qu'une vague allusion : « Le Roi accorde à la Reine sa mère qu Elle dispose de sa maison ainsi qu'il lui plaira, appelant et retenant à son service telle personne qu’Elle voudra. » Tout le reste du traité était consacré à confirmer la situation antérieure de la reine mère, au point de vue des charges, des pensions, et à accorder une abolition de ce qui s'était passé depuis le départ de Blois tant à elle qu’à ses serviteurs, y compris le duc d’Épernon. Des places de sûreté, pas un mot. Marie de Médicis, s’en tenant aux paroles de La Rochefoucauld, avait déclaré qu'elle n’aspirait « à d'autre sûreté que le cœur de son fils ».

La reine, en signant ce traité incomplet et en brusquant la proclamation de la paix, avait eu surtout pour objectif d’interrompre la campagne de Schomberg. Elle avait obtenu ce résultat. Mais elle n’entendait nullement renoncer aux promesses qu'on lui avait faites. En revanche, Luynes, ayant la signature de la reine, trainait, à son tour, les choses en longueur. Il cherchait, visiblement, quelque moyen d’échapper à l'engagement pris par La Rochefoucauld, par Béthune et par Bérulle au nom du Roi, sur le sujet des places de sûreté. |

Ainsi se prolongea, pendant plusieurs semaines, une négociation des plus complexes et des plus pénibles, pleine de reproches et d’aigreurs réciproques, et qui n’était que la suite du malentendu d'Angoulême. Les deux camps jouaient au plus fin

(1) Voir le Mémoire sur le choix de Nantes ou Angers, dans Correspondance (t. I, p. 590).

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