MORT DU MARQUIS DE RICHELIEU
autour des deux questions qui étaient, pour ainsi dire, la contrepartie l’une de l’autre : rapprochement eflectif du Roi et de la reine, désignation des villes réclamées par celle-cr.
Richelieu consentait au rapprochement; mais il voulait les places..Il consentait au rapprochement pour un temps; mais il voulait les places pour toujours. Il lui plaisait que la reine ne fût plus traitée en ennemie, parce qu'il avait besoin de la cour. Mais il ne lui plaisait pas qu'elle se fixât à la cour, parce qu'il savait bien que Luynes ne cesserait pas de le traiter en adversaire.
On finit par s’accorder sur le texte des propositions primitives. Le 11 juim, Marie de Médicis recut un brevet royal lui remettant la disposition des gouvernements d'Angers, de Chinon, des Ponts-de-Cé. La négociation fut ainsi définitivement conclue.
Richelieu pouvait se déclarer satisfait. Dans l'entourage de Marie de Médicis, 1l avait été le véritable agent de cet accord. Son frère, le marquis de Richelieu, avait été désigné d’avance, par Marie de Médicis, pour le gouvernement de la place d’Angers. Les deux frères, appuyés l’un sur l’autre, tenaient ainsi les deux situations prééminentes auprès de la Reine, l’un le conseil et l’autre la force armée : obtenir un pareil résultat, tout en s assurant de la gratitude de la cour, c'était un coup de fortune et d'habileté extraordinaire. L’évêque de Lucon éprouvait, au dedans de lui-même, l'espèce de joie grave que donne la réussite d’une belle opération heureusement conçue et habilement menée « Jamais accord ne fut conclu plus à propos, écrit-il, car Annibal étoit aux portes. »
La fortune l’attendait là; et elle le frappa d'un coup soudain qui toucha son cœur, ébranla son courage et faillit détruire toutes ses combinaisons. La désignation du marquis de Richelieu en qualité de gouverneur d’Angers avait été, pour lui, une grande Joie. Il aimait ce frère tendrement. Le marquis était, d’ailleurs, un homme de mérite; cavalier brillant, militaire expérimenté, homme de jugement clair et souple. Pas un contemporain qui n'ait parlé de. lui sans faire son éloge et sans reconnaître qu'il