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MISSIONS DIVERSES

grandes choses, le duc de Rohan, s'était fatigué de la sagesse et de la neutralité. Il était venu, à Angers, voir la Reine; il lui avait conseillé de n’en demeurer là, dese rendre à Bordeaux, et, faisant déclarer le Parlement pour elle, s'appuyant sur du Maine, sur d'Épernon, sur lui-même, Rohan, attirant probablement dans sa querelle Montmorency et Châtillon, de lever une armée et, au besoin, de tenir la campagne (1). |

Ainsi, pressée detoutes parts, poussée par Chanteloube, par Mathieu de Morgues, par son médecin Vauthier, mollement déconseillée par Richelieu, la reine cédait à la tentation. Elle entrait peu à peu dans le complot qui se tramait autour d'elle.

De la cour, on gardait le contact avec Angers, par l'envoi incessant d'émissaires chargés de bonnes paroles, de protestations et de promesses. Mais il est difficile de démèler, parmi ces démarches embrouillées et parfois contradictoires, les véritables sentiments de Luynes. Autour de Marie de Médicis, on ne mettait pas en doute sa duplicité : «Le bon duc, dont le style a toujours été de baiser à la. joue ceux qu'il avait l'intention de trahir... »

C'est dans ces sentiments qu’on accueille les différents envoyés du Roi, qui accourent, l’un après l’autre, durant tout l'hiver et le printemps. D'abord, en janvier et février, le propre frère de Luynes, Brantes ; en février encore, un confident habile et sûr, Marossano, qui proteste contre l'interprétation donnée à la délivrance de Condé; puis le beau-père de Luynes, Montbazon, un digne homme, qu'on emploie à ces corvées quand sa maitresse, la fameuse Choisy, lui laisse congé de quitter Paris : puis un très habile et rusé diplomate, capable de fonctions plus importantes, Blainville, qui fait le voyage trois fois, coup sur coup; puis le grand écuyer Bellegarde, ancien amoureux transi de Marie de Médicis, qui maintenant fait sa cour à la faveur et ménage les deux partis; puis ce sont les ecclésiastiques, l'archevêque de Sens, le Père de Bérulle, le cardinal de Sourdis. Ces négociations, qui se succèdent

(1) Mémoires de Ronan, édit. 1646, in-16 (p. 112). — V. la discussion de M. Cousin sur ce passage. Il ne me paraît nullement établi qu’il implique une enterte formelle entre la reine mère et le parti protestant ; Cousin dans Journal des Savants, sept. 1861 (p. 530). — Cfr., E. Pavie, la Guerre entre Louis XIII et Marie de Médicis (p. 131).

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