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EFFORTS POUR EMPÉCHER LA RUPTURE

et s'entrecroisent, pendant tout l'hiver, ne font guère avancer les choses. Luynes affirme qu'il voudrait de tout son cœur voir la reine rentrer à la cour. Luçon jure qu'elle n’a pas d’autre désir; mais il y a toujours quelque détail qui accroche, et, le manque de sincérité faisant le manque de confiance, chacun cherche à rejeter sur l’autre la faute du retard quand, au fond, personne ne désire le retour (1). |

Pour l’évêque de Luçon, le double jeu résulte de la contradiction entre les affirmations si nettes de ses Mémoires et les déclarations non moins nettes, mais en sens contraire, contenues dans les instructions remises au commandeur de La Porte et dans une lettre à Marillac : « Conserver à la Reine une demeure sûre et libre. » — « Je crois qu'on peut différer le voyage, mais non point qu'on le doive rompre. »

Luynes n'est pas plus franc, et il a certainement donné au Père de Bérulle, pour ligne de conduite secrète, de retarder le voyage de la Reine à la cour; car celui-ci lui écrit : « Même, il me semble reconnoïitre qu'il n’y a pas ici, — c’est-à-dire à Angers, — un si grand attachement au retour à la Cour, que l'affaire ne puisse être ménagée… Il y a, ici, des esprits pénétrans, défians et agissans qui se persuadent que je suis ici pour quelque sujet plus particulier que le général; ce qu'ils soupconnent d’autant plus, que moins ils le découvrent. » Donc, il y avait quelque chose à découvrir. Bérulle se croyait indéchiffrable. Mais Richelieu lisait dans l'esprit du bon Père, comme celui-ci croyait lire dans le sien (2).

Rien n’est plus complexe que cette intrigue; si les chefs sont à double fond, les intermédiaires paraissent sincères; de sorte qu'il est difficile de faire le départ exact entre la bonne foi et la duplicité. Un groupe d’ecclésiastiques, que nous avons déjà vu en mouvement lors du traité d’Angoulème, s'emploie, avec une activité qui n'est pas toujours heureuse, à arranger les difficultés dont

(1) Sur les missions envoyées, coup sur coup, au printemps de 1619, voir Correspondance (t. VIII, p. 190).

(2) Lettre de Bérulle, datée du 15 juillet. Archives des Richelieu, Papiers du Cardinal (t.i, f° 82).

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