‹ Histoire du Cardinal de RichelieuChapitre 283 sur 479 · LA REINE SE DÉCIDE · texte numérisé non relu

LA REINE SE DÉCIDE

nel (1). La pointe septentrionale de ce croissant est aux portes mêmes de Paris, à Rouen, où, sur l'initiative du gouverneur de la province, Longueville, un fort parti s’est formé, ayant à sa tête le président Leroux de Bourgtheroulde. Le même Longueville, par Dieppe, maintenait les communications avec la mer. A l’arrière, la ville de Caen, aux mains du grand prieur de Vendôme, offrait le point d'appui de son formidable château. Dans la basse Normandie, un lieutenant de Longueville, Thorigny, occupait Granville, Cherbourg et Saint-Lô. Par le Havre, Villars dominait la basse Seine. Dreux, la Ferté-Bernard et le Perche, avec une partie du Maine, étaient aux Vendôme. Derrière, toute la Bretagne était un vaste réservoir d'hommes dont le duc de Vendôme disposait; il était, en outre, le maître des passages de la rivière du Loir. Le maréchal de Boisdauphin avait les avenues des rivières de la Sarthe et de la Mayenne par la possession de Sablé et de Château-Gontier. Enfin, sur la Loire même, la reine mère assurait le passage, par Angers et les Ponts-de-Cé. Presque toute la noblesse du pays s'était déclarée pour elle. | L'autre corne du croissant s’étendait sur la rive gauche de la Loire. Elle était peut-être plus puissante, plus résistante encore. Toute la rivière de Vienne, avec Loches, était au duc d’Épernon, qui tenait, en même temps, l’Angoumois, la Saintonge etla rivière de Charente. En avant, Chinon était à la reine mère sous la capitainerie de Chanteloube. La Trémoille, duc de Thouars, et le duc de Retz étaient les maîtres du Poitou qui avoisine la Loire et donnaient la main à la Bretagne. Le duc de Rouanès avait sa force principale à Poitiers et aux ‘environs, où il levait des troupes. Plus on s’avançait vers le sud, plus la puissance du parti s’affirmait. Derrière le due d'Épernon, il y avait le due du Maine qui, aussitôt rendu dans son gouvernement de Guyenne, s'était assuré de Bordeaux, en mettant garnison dans le Château-Trompette, de l'embouchure de la Gironde, en s’entendant avec d'Aubeterre, gouverneur de Blaye, et enfin du

(1) Voir, pour le tableau des forces de la reine mère, et pour tous les détails qui vont suivre, Mercure françois (t. VI, année 1620, p. 273 et suiv.).

ALL Cu + UN

Page 1