FORCES DU PARTI DE LA REINE MÈRE
cours de la Dordogne, par un accord avec le comte de Saint- Paul, oncle du duc de Longueville. Le duc de Rohan, gouverneur de Saint-Jean-d’Angély, surveillait le bas Poitou. Non loin, la Rochelle était en armes et aux écoutes. Plus au sud encore, la reine mère entretenait des relations actives avec le duc de Montmorency, gouverneur du Languedoc, par l’intermédiaire du duc du Maine, et avec le groupe protestant des Châtillon et des La Force, par l'intermédiaire du duc de Rohan. ILest vrai que, pris en masse, le parti protestant, maintenu par les Bouillon et les Lesdiguières, n'avait pas remué encore. Mais il menaçait le Midi tout entier (1).
En dehors de ce vaste demi-cercle, la coalition insurrectionnelle ne manquait pas de points d'appui. M. de La Vaiette, fils du duc d'Épernon, commandait dans Metz et pouvait, au besoin, ouvrir la porte aux renforts venus d'Allemagne et des Flandres. Barbin, toujours actif, s'était chargé de recruter, dans le pays de Liège, des troupes destinées à prendre ce chemin. Le duc de Nemours avait envoyé son secrétaire faire des levées de gens de guerre dans le pays génevois; enfin, la reine mère entretenait
- des émissaires à la fois près des protestants d'Allemagne et près
du roi d’Espagne. Le conseil des ministres espagnols supputait les chances que lui offrait une situation qui n'était pas sans quelque analogie avec celle qui s'était produite au début de la Ligue.
« Voilà l’état du parti de la Reine-Mère, qui tenoit une filière
(1) On à mis en doute le fait d’une entente précise entre les protestants ‘et la reine mère. Voici cependant l'engagement pris par le duc de Rohan, le 30 mai 1620; le document est d'autant plus important qu'aucune allusion n’y est faite ni dans les Mémoires de Rohan, ni dans ceux de Richelieu qui l'avait conservé dans ses papiers : « Nous, duc de Rohan, promettons à la Reyne Mère du Roi sur la perte de notre honneur de la servir et défendre au péril de notre vie, au cas qu'elle juge, ce que tout le monde sait, que ceux qui sont portés de mauvaise volonté envers elle pouvant toul auprès du Roi, la veuillent opprimer en quelque temps et sous quelque prétexte que ce puisse être. Nous lui promettons aussi l'assister et servir au péril de notre vie en ce qu'elle jugera à propos pour garantir le Roi et son État de la ruine dont ils sont menacés, me liant, dès cette heure, au service de Sa Majesté, pour ne m'en séparer jamais, mais suivre ses intentions en toutes choses. Sa Majesté nous ayant aussi promis en parole de Reine de nous garantir du mal qu’on voudroit nous procurer en considération de ce que dessus. Fait à Angers, le 30° mai mil six cents vingt. Henri de Rohan » (Affaires Etrangères, vol. 773, f° 49).