LE PROBLÈME PROTESTANT EN EUROPE, LES AFFAIRES DE LA VALTELINE
Luynes l’'emportait.
Maitre de la Cour depuis longtemps, il devenait, par la victoire des Ponts-de-Cé, le maitre du royaume. Le parti des Grands s'était brisé au premier choc. La reine Marie de Médicis et son favori, l’évèque de Lucon, savaient maintenant ce que pesait leur appui : la Mère n'avait, décidément, d'autorité dans le royaume que celle que lui laissait la condescendance du Fils. Celui-ci avait fait l’épreuve de sa puissance. Rouen, Caen, Angers avaient ouvert leurs portes. Les provinces avaient acclamé son passage. En son absence, Paris n'avait pas bougé. Le Roi était à la tète d’une armée peu nombreuse, mais solide et dévouée.
Luynes eût dû se sentir rassuré : il restait troublé et inquiet. Son succès mème l’effrayait. Il craignait tout; 1l appréhendait que Louis XIII ne prit goût à son métier de roi; il redoutaitses adversaires de plus en plus nombreux, déclarés ou cachés, et non moins ses
art